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Le 25 juillet, derrière son apparente banalité calendaire, s’impose comme une date-symbole où des peuples ont vu leur destin confisqué ou réaffirmé face à des virages politiques décisifs.
En 2001, la Tunisie enterre la limitation des mandats présidentiels, ouvrant grand les portes à une présidence à vie pour Zine El Abidine Ben Ali. Ce coup de force constitutionnel, maquillé en réforme démocratique, n’était en réalité qu’un verrou de plus posé sur une société en ébullition. Dix ans plus tard, cette dérive nourrira la Révolution de Jasmin, cri populaire contre une confiscation prolongée du pouvoir.
En 2021, Kaïs Saïed, élu au nom de la rupture, répète le cycle : il gèle le Parlement, congédie le Premier ministre, concentre tous les pouvoirs et fait vaciller l’équilibre institutionnel au nom de l’article 80. Derrière le vernis légaliste, nombre de Tunisiens y voient une dérive autoritaire qui menace les acquis fragiles d’une révolution déjà trahie.
Retour en arrière. En Afrique du Sud, le 25 juillet 1985, la violence de l’apartheid éclate au grand jour. Arrestations massives, répression féroce. Sous la pression, le président américain Ronald Reagan annonce des sanctions symboliques, tardives et timorées, mais qui marquent un tournant dans l’isolement du régime raciste de Pretoria.
Chaque 25 juillet rappelle que l’histoire n’est jamais figée : elle se joue souvent dans l’opacité des palais, mais toujours avec des conséquences brûlantes pour les peuples. Reste à savoir si ces dates marqueront un éveil des consciences ou la résignation face aux abus du pouvoir.
Loba Perez
