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65e anniversaire de l’indépendance: Tidjane Thiam appelle les partenaires étrangers à rompre avec le régime ivoirien en place

ByÉquipe LeJourPile

Août 8, 2025

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Le président du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI), Tidjane Thiam, a vivement interpellé, jeudi 7 août 2025, la communauté internationale, l’exhortant à cesser son soutien au pouvoir ivoirien actuel et à rejoindre, selon lui, « le bon côté de l’histoire ».

Dans un discours prononcé lors des célébrations du 65e anniversaire de l’indépendance, Tidjane Thiam a accusé les acteurs internationaux d’avoir joué un rôle décisif dans l’arrivée au pouvoir du régime en place, notamment par une « ingérence extérieure majeure, sous l’égide de l’ONU ». Il a estimé que les Ivoiriens tiennent ces partenaires « comptables des agissements » du gouvernement.

Lors de son discours, Tidjane Thiam a vivement critiqué ce qu’il qualifie de « prétendue non-ingérence » adoptée par certains partenaires extérieurs, dénonçant leur silence face à ce qu’il décrit comme un « quatrième mandat anticonstitutionnel », « l’élimination systématique des leaders de l’opposition du scrutin » et des « arrestations à motivation politique ».

« Cette position, adoptée par ceux-là mêmes qui ont mis ce régime en place, est tout simplement intenable, aussi bien sur le plan pratique que sur celui des principes et de la morale », a-t-il affirmé.

Pour Tidjane Thiam, si les partenaires étrangers veulent préserver les relations traditionnelles solides avec la Côte d’Ivoire et redorer leur image, ils doivent se placer « du bon côté de l’histoire ». Ce, a-t-il dit, en cessant de soutenir « un régime usé, vieillissant, corrompu, sous perfusion et à court d’idées ».

« Si vous faites le mauvais choix, ici, c’est-à-dire celui du court terme et des intérêts particuliers, le tribunal de l’histoire et les Ivoiriens vous jugeront durement », a-t-il conclu.

Cette prise de position intervient dans un contexte politique tendu, à quelques mois de l’élection présidentielle prévue le 25 octobre, marquée par la contestation du cadre électoral et l’exclusion de plusieurs figures majeures de l’opposition.

En avril dernier, la justice ivoirienne a retiré Tidjane Thiam de la liste électorale, invoquant la perte de sa nationalité ivoirienne en 1987 suite à l’acquisition de la nationalité française, malgré sa renonciation récente. Exilé en France depuis plusieurs mois par crainte d’une arrestation liée à l’affaire de la désobéissance civile de 2020, il a saisi le Comité des droits de l’homme de l’ONU, qui, fin juillet, a demandé à la Côte d’Ivoire de prendre « toutes les mesures nécessaires » pour lui permettre d’exercer ses droits politiques, tout en rejetant ses requêtes de mesures provisoires.

LJP

Équipe LeJourPile