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À l’issue d’un processus électoral en trois tours, l’économiste mauritanien Sidi Ould Tah a été désigné le jeudi 29 mai 2025, président de la Banque africaine de développement (BAD). Il succède ainsi au Dr Akinwumi, bien que le candidat zambien se soit imposé lors du premier tour. Cette élection a été marquée par une dynamique politique évolutive et des coalitions régionales stratégiques. Elle a révèlé de nouvelles orientations dans la gouvernance des institutions financières africaines.
L’élection de Sidi Ould Tah s’inscrit dans un contexte où la BAD est appelée à renforcer son rôle de catalyseur face aux défis complexes auxquels l’Afrique est confrontée, notamment les effets du changement climatique, les impératifs de souveraineté alimentaire, les enjeux liés à l’industrialisation locale et les exigences de résilience économique. L’accession de ce nouveau leadership pourrait également ouvrir la voie à une plus grande intégration des priorités régionales, en particulier celles de l’Afrique de l’Ouest, dans les orientations stratégiques de l’institution.
Titulaire d’une solide expérience dans le domaine du développement économique, notamment en matière de financement agricole, Sidi Ould Tah s’est distingué par sa vision orientée vers une croissance inclusive, une transformation structurelle des économies africaines et une promotion du financement durable. Sa trajectoire professionnelle antérieure, conjuguée à ses engagements multilatéraux, renforce sa légitimité à conduire la BAD dans une phase critique de son évolution.
Au-delà de la simple alternance à la tête de la BAD, ce scrutin révèle une dynamique politique et géoéconomique renouvelée, témoignant de la maturité des mécanismes de gouvernance continentale et de la capacité des États africains à forger des alliances en fonction de visions communes du développement.
Loba Perez
