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JO2024 à Paris : la controverse sur le genre de Imane Khelif renait

ByÉquipe LeJourPile

Juin 3, 2025

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La boxeuse algérienne Imane Khelif, médaillée d’or dans la catégorie des moins de 66 kg lors des Jeux olympiques de Paris 2024, fait l’objet d’une nouvelle controverse. Selon un article publié le 1er juin 2025 par le site américain 3 Wire Sports, un test génétique réalisé en 2023 à l’initiative de l’ancienne fédération internationale de boxe amateur (IBA) aurait révélé la présence de chromosomes XY chez l’athlète, habituellement associés au sexe masculin.

Le test en question, effectué dans un laboratoire indien à l’occasion des Championnats du monde, avait conduit à la disqualification de Khelif ainsi que d’une autre athlète, la Taïwanaise Yu Ting Lin. Toutefois, le Comité international olympique (CIO) – qui a depuis rompu ses liens avec l’IBA – a officiellement contesté la validité de cet examen, affirmant qu’il ne remplissait pas les critères d’objectivité, de rigueur méthodologique et d’éthique requis pour influencer une décision de participation olympique. Sur cette base, Khelif a été autorisée à concourir à Paris.

L’athlète, originaire de Laghouat, en Algérie, a été la cible de nombreuses attaques sur les réseaux sociaux quant à son genre, entraînant une pression médiatique et psychologique significative. Elle a réagi publiquement à ces accusations en affirmant son identité féminine et en dénonçant ce qu’elle qualifie d’hostilité à la réussite. Une plainte a été déposée en novembre 2024 après la diffusion d’un prétendu rapport médical non officiel.

Parallèlement, Khelif continue de jouir d’un important soutien populaire, notamment en Algérie, où son triomphe a été accueilli avec ferveur. Elle a exprimé son ambition de participer aux Jeux olympiques de Los Angeles en 2028 pour défendre son titre.

Cependant, une nouvelle réglementation de la fédération World Boxing, désormais responsable de la boxe amateur, rendra les tests de genre obligatoires pour toutes les athlètes féminines engagées dans ses compétitions. Cette décision, bien qu’annoncée comme une mesure de transparence et d’équité, rouvre le débat sur la frontière entre respect des droits humains, identité de genre, et réglementation du sport de haut niveau.

Le cas d’Imane Khelif illustre ainsi les enjeux complexes liés à la participation des athlètes intersexes ou présentant des variations du développement sexuel (VDS) dans les compétitions féminines. Il interroge la capacité des instances sportives à mettre en place des politiques inclusives, scientifiquement fondées et juridiquement solides, sans compromettre la dignité et les droits fondamentaux des personnes concernées.

Loba Perez

Équipe LeJourPile