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Dans la capitale économique ce 26 juin 2025, la chaleur est moite, mais l’atmosphère vibrante. À quelques kilomètres d’Abidjan, sur le site industriel de PK 24, un ruban tricolore tombe. Notamment, sous les ciseaux du Vice-Président Tiémoko Meyliet Koné. Ce geste symbolique marque bien plus qu’une inauguration. C’est l’aboutissement d’un pari industriel audacieux. Celui de transformer, ici même en Côte d’Ivoire, une part croissante de son or brun, le cacao.
Flanqué du Premier ministre Robert Beugré Mambé et du Ministre d’État Kobenan Kouassi Adjoumani, le Vice-Président a salué l’ouverture du complexe TRANSCAO CI. Une filiale industrielle du Conseil du Café-Cacao. Ce joyau moderne, fruit de plusieurs années de labeur, incarne la volonté ferme de rompre avec la dépendance à l’exportation brute et de repositionner le pays comme acteur de premier plan dans la transformation locale.
Dans son allocution, KONE Brahima Yves, Directeur Général du Conseil du Café-Cacao, n’a pas caché son émotion. « Ce jeudi est un jour historique, une étape charnière de notre trajectoire nationale. Nous avons franchi les obstacles, surmonté les lenteurs, pour présenter au monde cette réalisation concrète de la vision du Président de la République : faire du cacao un levier de transformation économique. »
Le site de PK 24, vaste de 21 hectares, abrite désormais une usine de broyage de 50 000 tonnes, un entrepôt de 160 000 tonnes, un centre de formation aux métiers du cacao et du chocolat, ainsi que les bureaux administratifs. L’ensemble représente un investissement colossal de 130 milliards de FCFA, et surtout 1 400 emplois directs, autant de familles impactées, de destins transformés.
Mais TRANSCAO CI ne s’arrête pas là. À San Pedro, un autre site, TRANSCAO Séwéké, tourne déjà à plein régime. Et dans deux ans, la capacité totale de broyage atteindra 210 000 tonnes par an, signe d’une ambition assumée : faire de la Côte d’Ivoire un centre de transformation industrielle du cacao en Afrique.
Pour Adjoumani, ce complexe est bien plus qu’une usine. « C’est la matérialisation d’une économie nouvelle. Celle où l’agriculture ne s’arrête plus aux champs, mais s’étend aux usines, aux compétences locales, à la valeur ajoutée. »
Le message est clair : terminé le temps où la Côte d’Ivoire exportait ses fèves brutes. Ce, sans profiter pleinement de leur richesse. Désormais, la transformation se fait ici, par des Ivoiriens et pour les Ivoiriens. Aussi, pour un marché mondial en quête de qualité, de traçabilité et de souveraineté industrielle.
Au nom du Vice-Président, le Ministre d’État a adressé ses félicitations aux artisans de ce succès. A savoir, le Conseil du Café-Cacao, l’entreprise chinoise CNDC et les équipes de TRANSCAO CI, le BNETD. Ainsi que le Bureau Veritas, et tous les bâtisseurs de l’ombre.
Ce jour-là, à PK 24, au milieu du ronron des machines flambant neuves et des visages fiers des ouvriers, une nouvelle ère du cacao ivoirien a commencé. Non plus celui que l’on vend au poids, mais celui que l’on transforme. Ce, avec savoir-faire, innovation et espoir d’un avenir industriel souverain.
Loba Perez
