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À Agboville, des femmes entrepreneures en reconversion découvrent les clés de l’autonomie grâce à la formation numérique et à l’éducation financière.
Balkisse Kinda et Aline Assoa ont en commun plus que leur âge. L’une vend du riz local, l’autre tient un restaurant. Toutes deux fréquentent désormais l’Institution de Formation et d’Éducation Féminine (IFEF) d’Agboville. Lieu où elles suivent des cours d’éducation financière deux fois par semaine.
« Chaque jour, j’apprends quelque chose de nouveau : étude de marché, fidélisation du client… Cette formation m’est vraiment utile », témoigne Balkisse. Aline, de son côté, observe déjà les effets de cet apprentissage sur son activité : « Avant, mon restaurant manquait d’organisation. Aujourd’hui, grâce aux outils de gestion et à la culture de l’épargne, je vois des résultats concrets. »
Ces séances ont lieu à la Maison du Digital intégrée à l’IFEF. Un espace dédié à l’inclusion numérique et à l’accompagnement des femmes dans leur parcours entrepreneurial. Outre les formations en gestion, des cours d’alphabétisation numérique sont dispensés aux femmes peu ou pas scolarisées. « Lorsqu’elles apprennent à lire et écrire, elles gagnent aussi en assurance et en autonomie dans la gestion de leur commerce », explique Aurélie Akposso, maîtresse d’éducation spécialisée.
Depuis 2016, ce modèle a essaimé à travers le pays. Une vingtaine de Maisons du Digital sont aujourd’hui en activité en Côte d’Ivoire. À Agboville, 52 femmes y sont inscrites cette année. Au total, environ 7 000 femmes ont été formées à l’échelle nationale, dans le cadre d’un partenariat public–privé entre le gouvernement, la Fondation Orange, l’IFEF et des partenaires internationaux.
L’initiative s’inscrit dans une dynamique plus large d’autonomisation économique des femmes par le numérique, dans un contexte où les inégalités de genre persistent, notamment en matière d’accès à l’éducation et aux opportunités économiques.
Lejourpile
