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C’est un coup de poing sur la table. Un cri venu du cœur, lancé par un homme en colère face à l’agonie silencieuse d’un pilier de la démocratie. Ce mercredi, lors de la cérémonie de remise d’équipements aux médias organisée par l’Agence de soutien et de développement des médias (ASDM), le ministre Amadou Coulibaly n’a pas mâché ses mots : « Ils sont en train de tuer la presse imprimée ivoirienne. Et nous allons les arrêter. »
Derrière sa voix ferme, un constat alarmant : des réseaux parallèles s’organisent chaque jour pour vendre illégalement des journaux, hors des circuits officiels. Une pratique sournoise, qui prive les rédactions des maigres revenus qu’elles parviennent encore à générer. Une trahison économique et morale pour ceux qui, chaque jour, écrivent, impriment et informent.
« Ces fossoyeurs de la presse », comme les nomme le ministre, mettent en péril la survie même des journaux ivoiriens. Une presse déjà affaiblie par la baisse des ventes, la montée du numérique, et un modèle économique à bout de souffle. Et pourtant, malgré toutes ces épreuves, des journalistes continuent d’écrire, parfois sans salaire, souvent sans reconnaissance, par passion et par devoir.
Mais à quoi bon imprimer si les revenus sont siphonnés par des vendeurs de l’ombre ? À quoi bon informer, si les moyens de le faire sont arrachés, un à un, par l’économie parallèle ? C’est cette indignation que le ministre a portée haut, promettant une lutte sans merci contre ces « cartels », comme il l’a déjà fait contre les affichages illégaux et la publicité sauvage.
Le message est clair : la presse écrite ne doit pas mourir en silence. Elle est un bien public, un espace de mémoire et de liberté. Et face aux prédateurs qui la menacent, l’État promet de se dresser. Pour que demain, les journaux puissent encore vivre. Pour que la parole libre ait encore une place dans les kiosques, et dans nos vies.
Loba Perez
