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La salle Ernesto Djédjé/François Lougah est pleine à craquer ce samedi 26 juillet 2025 dès 19 heures au Palais de la culture de Treichville à Abidjan. Les youyous résonnent, les banderoles virevoltent, et dans l’air flotte une tension électrique. Il est environ 23 heures, lorsque le nom tombe en présence de nombreuses personnalités. Il est porté par la voix solennelle de la présidente du jury, accompagnée de la de maîtresse de cérémonie : « Reine Awoulaba 2025 : Anne-Marie Djè Wohou ! ».
La nouvelle reine lève les bras, submergée. Dans ses yeux, une lueur : celle d’une femme qui sait ce que représente sa victoire. Très contente dit-elle d’avoir remporté la compétition, elle s’est assise sur le tabouret royal, en héritière de Ruth Apo Kouatchi, Reine Awoulaba 2024. Aussitôt, tonnent des cris, puis un tonnerre d’applaudissements.
A ses côtés, Judith Glawdys Doffou Amenan, de l’Agneby-Tiassa, repart avec le titre de 1re Saraman, tandis qu’Adjoua Ruffine Konan, du Moronou, s’adjuge la 2e place. Pour la présidente du Comité Reine Awoulaba Côte d’Ivoire (CORA-CI), Geneviève Dahon, une société mentalement équilibrée est plus forte, plus juste, plus humaine. « Le silence autour de la santé mentale doit cesser. Écoutons au-delà des apparences. », a-t-elle appelé, relativement au thème retenu: « La santé mentale, trésor invisible ».
16 femmes ont livré bataille, mais Anne-Marie avait cette étincelle. « Quand elle est montée sur scène, elle n’a pas défilé : elle a occupé l’espace. C’était elle, la reine, et on le savait déjà », confie une spectatrice émue.
Célibataire, mère de deux enfants, Anne-Marie a valablement défendu la Commune du Plateau sur la scène. Son corps, rempli d’un embonpoint gracieux, révèle la pure beauté africaine. Avec ses hanches sculptées, le cou strié et son franc sourire, Anne-Marie Djè Wohou a incarné tout au long de la soirée, cette beauté ivoirienne qu’on a trop souvent reléguée au silence.
Depuis le début du concours, à en croire le jury, la nouvelle championne a imposé son style. Dès son discours d’ouverture, le silence s’est fait dans la salle. Pas avec des mots appris par cœur, mais avec ses tripes, elle a parlé avec aisance de santé mentale, thème imposé cette année. Le public a frissonné alors qu’elle évoquait au cours de son exposé la solitude, la fatigue cachée derrière les sourires, les femmes fortes qu’on n’écoute jamais, etc.
Puis est venue la parade en tenue traditionnelle, moment durant lequel, elle a frappé fort. Drapée dans un tissu évoquant un chasseur revenant de la forêt, le regard droit, elle portait un symbole fort : celui d’une femme qui revient de ses combats avec sa dignité pour un trophée. À la main, une pièce d’artisanat mimant un gibier, comme pour dire : « Je suis allée au bout de moi-même, et j’en suis revenue vivante. » Droite dans sa couronne, Anne-Marie Djè Wohou devient plus qu’une reine. Elle est une voix, une image vivante d’une Afrique qui s’aime, s’assume, et revendique d’être vue telle qu’elle est : fière, généreuse, profonde.
Le concours Reine Awoulaba a pour marraine la première Dame de Côte d’Ivoire, Mme Dominique Ouattara. Cette compétition de beauté valorise la femme. Tant dans ses atouts intellectuels que ses traits de beauté authentiques basées sur les courbes généreuses et sans artifices. La cérémonie a bénéficié du soutien de plusieurs partenaires et institutions dont l’Unesco, Aimas, ainsi que des ministères de la culture du Tourisme, de la Femme, de la famille et l’Enfant.
Loba Perez
