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Côte d’Ivoire: des avocats du PPA-CI dénoncent des arrestations arbitraires et des atteintes aux libertés

ByÉquipe LeJourPile

Août 14, 2025

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Le Collectif des avocats des militants du PPA-CI, parti de Laurent Gbagbo, a dénoncé ce mercredi 13 août 2025 des « atteintes aux libertés individuelles, détentions arbitraires et restrictions de mouvement » concernant des partisans interpellés après les violences survenues à Yopougon, le 1er août.

Selon le procureur, des individus armés de machettes, gourdins et cocktails incendiaires avaient incendié un bus de la Sotra, dégradé un véhicule de police et agressé ses occupants. Les enquêtes ont conduit à l’interpellation de plusieurs militants du PPA-CI, dont Kouamé Josué alias Général Frazaho, Zaholy Pascale et Fofana Souleymane alias Solo, ainsi que d’anciens responsables politiques, Lida Kouassi Moïse, ex-ministre de la Défense, et Koné Boubakar, ambassadeur à la retraite, cités comme instigateurs par les prévenus.

Les avocats du collectif ont dénoncé des violations de la procédure. Me Kanon Blé a souligné que certains détenus ont été gardés à vue « dans un lieu inconnu, sans assistance d’avocat », en contradiction avec l’article 90 du Code de procédure pénale. Me Sylvain Tapi a rappelé que les aveux doivent être volontaires et que toute restriction de liberté non motivée viole l’article 21 de la Constitution de 2016, qui garantit la liberté de circulation des citoyens.

Quatre cadres du PPA-CI, Damana Pickass, Blaise Lasm, Koua Justin et Dahi Nestor,  ont vu leurs déplacements limités après interrogatoire, une mesure qualifiée d’« irrégulière » par les avocats. Pour Lida Kouassi et Boubakar Koné, les avocats soulignent que la loi n°201 du 16 juillet 2005 prévoit une procédure spécifique pour les anciens ministres, non respectée selon eux.

Face à ces violations, le collectif annonce saisir le procureur général près de la Cour d’appel d’Abidjan, le Conseil supérieur de la magistrature et les organisations de défense des droits humains, afin de contester les mesures et garantir le respect de la présomption d’innocence.

Les deux anciens cadres, convoqués le 8 août au service des enquêtes générales de la préfecture de police, ont été déférés le 11 août à la Section antiterroriste du Tribunal d’Abidjan. Ils font l’objet d’une information judiciaire pour « acte terroriste, complot contre l’autorité de l’État, participation à un mouvement insurrectionnel et dégradations volontaires », selon une note du procureur.

Loba P.

Équipe LeJourPile