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À un peu plus d’un mois de l’élection présidentielle du 25 octobre 2025, Amnesty International tire la sonnette d’alarme : les droits humains doivent être au cœur des programmes des candidats. Ignorer cette exigence, avertit l’organisation, serait un recul pour la démocratie et la cohésion nationale.
Dans un manifeste publié le 15 septembre, Amnesty identifie six priorités urgentes que le futur président devra impérativement adresser, sous peine de fragiliser l’État de droit et de compromettre la sécurité des citoyens.
Libertés fondamentales : un chantier prioritaire
La liberté d’expression, de réunion et d’association reste lourdement restreinte. Les lois criminalisent la diffusion de « fausses informations », sanctionnent les manifestations non déclarées et permettent la dissolution d’ONG par simple décret. Amnesty exige une réforme immédiate du Code pénal et des textes régissant la vie associative, afin que la Côte d’Ivoire respecte enfin les standards internationaux.
Expulsions forcées : la dignité en jeu
Des milliers de familles, principalement à Abidjan, ont été chassées de leurs logements sans compensation digne. Amnesty appelle à un relogement équitable et à des réparations pour toutes les victimes, dénonçant une injustice qui menace la cohésion sociale.
Justice électorale : briser l’impunité
Plus de dix ans après la crise post-électorale de 2010-2011, et malgré les violences de 2020 qui ont coûté la vie à 85 personnes, les victimes attendent toujours réparation. L’organisation insiste pour restaurer la compétence de la Cour africaine des droits de l’homme et renforcer les mécanismes judiciaires nationaux. L’impunité ne doit plus être une option.
Protection des femmes et des enfants : une urgence nationale
Amnesty dénonce des obstacles légaux absurdes, comme la présomption de consentement entre époux ou l’exigence d’un certificat médical payant, qui limitent l’accès à la justice pour les victimes de violences sexuelles. Le futur président doit garantir des réformes concrètes et un accompagnement complet – médical, psychologique et judiciaire – pour protéger les plus vulnérables.
Environnement : responsabilité et action immédiate
Face aux pollutions persistantes et aux catastrophes environnementales, la protection de l’environnement ne peut plus être optionnelle. Amnesty exhorte le futur président à inscrire la sauvegarde écologique au cœur de son programme.
Amnesty International rappelle à tous : la démocratie et la paix ne se construisent pas par des discours creux. Les candidats doivent s’engager concrètement, publiquement, et sans ambiguïté sur la protection des droits humains. Ne pas agir, c’est trahir la dignité et l’avenir des Ivoiriens.
LJP
