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À un mois de la présidentielle, le mouvement citoyen « Trop c’est trop » durcit sa stratégie. Le mouvement a annoncé, le 20 septembre, la création d’une organisation structurée de sa diaspora. Convaincu, selon lui, que la validation du quatrième mandat d’Alassane Ouattara par le Conseil constitutionnel constitue une dérive anticonstitutionnelle.
La décision, signée par Damana Adia Pickass, vise à donner au mouvement une envergure internationale. Désormais, l’Afrique, l’Europe, l’Amérique et l’Asie disposeront de relais actifs chargés de coordonner les actions de contestation. Jean-Blaise Ayemene Yavo, alias Kakry Khaza, est nommé coordonnateur général de la diaspora, épaulé par des superviseurs continentaux et des responsables nationaux.
En Afrique, le mouvement s’étend au Ghana, au Mali, au Burkina Faso, au Sénégal, au Cameroun et en Afrique du Sud. En Europe, des cellules sont installées en France, Allemagne, Italie, Espagne et Portugal. Aux États-Unis, au Canada et en Russie, d’autres relais sont mis en place pour porter la voix des contestataires.
Cette structuration repose sur des figures de premier plan. Le Dr Boga Sako Gervais, président d’honneur de la FIDHOP, exilé une nouvelle fois après avoir dénoncé les dérives du processus électoral, devient superviseur pour l’Amérique. En Europe, le cybermilitant Souley de Paris B.52 intègre l’équipe pour canaliser son influence numérique. En Afrique, Souleymane Gbagbo Koné, activiste du PPA-CI, rejoint l’appareil malgré ses démêlés avec les autorités françaises.
Au-delà des personnalités, « Trop c’est trop » entend fédérer syndicats, associations, enseignants, jeunes et paysans autour d’une même revendication : des élections transparentes et inclusives. Le mouvement bénéficie déjà du soutien du PDCI de Tidjane Thiam, du GPS de Guillaume Soro et du FPI de Pascal Affi N’Guessan.
Cette montée en puissance à l’international illustre la détermination de l’opposition ivoirienne à ne pas subir passivement une élection verrouillée. Pour ses leaders, la diaspora constitue un levier stratégique pour internationaliser la contestation et rappeler au monde les risques de dérive autoritaire.
LJP
