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Le mercredi 1er octobre 2025, Me Blessy Chrysostome, député PDCI de Béoumi, s’est vu interdire de quitter la Côte d’Ivoire. C’était à l’aéroport Félix Houphouët-Boigny d’Abidjan, alors qu’il s’apprêtait à embarquer pour la Tunisie. Pays où il suit un traitement médical depuis plusieurs mois. Selon son témoignage relayé par 7 Info, il devait effectuer sa neuvième et dernière visite de suivi.
Après avoir accompli les formalités d’embarquement, l’élu indique avoir été interpellé par des policiers lui signifiant qu’il ne pouvait plus voyager sans autorisation expresse du procureur. « Je ne comprends pas. Je ne fais l’objet d’aucune convocation ni d’aucune procédure judiciaire », a-t-il déclaré, surpris par cette restriction.
Pour Me Blessy Chrysostome, l’incompréhension demeure : « Je ne peux avoir de recours tant que je ne connais pas les faits qui me sont reprochés », souligne-t-il. Souffrant d’une gêne persistante à la jambe, il se dit préoccupé par la poursuite de son traitement médical, tout en saluant la courtoisie des agents de police lors de son interpellation.
Escorté hors de la salle d’embarquement sous le regard des passagers, Me Blessy Chrysostome affirme avoir saisi l’Assemblée nationale et mobilisé ses avocats pour obtenir des explications auprès du parquet. À ce jour, aucun communiqué officiel n’a été publié par les autorités judiciaires.
Cet incident intervient dans un contexte où plusieurs figures de l’opposition sont sous pression judiciaire. Mercredi, Marie Odette Lorougnon, vice-présidente du PPA-CI, a été placée sous contrôle judiciaire pour incitation à la haine et trouble à l’ordre public. Quelques jours plus tôt, deux cadres du parti de Laurent Gbagbo, Blaise Lasm et Dahi Nestor, avaient été inculpés et placés en détention. Pour l’opposition, ces mesures traduisent une volonté de restreindre l’espace politique à l’approche des scrutins d’octobre et décembre. « Tout concourt à affaiblir nos rangs », dénonce un cadre du PDCI, pointant du doigt, une instrumentalisation de la justice.
Le climat politique est d’autant plus tendu que sur 60 candidatures à la présidentielle, seules cinq ont été validées, excluant plusieurs figures de l’opposition, dont Tidjane Thiam et Laurent Gbagbo. En réaction, la coalition « Front commun » (PDCI-PPA-CI) prévoit une grande marche pacifique le 4 octobre à Abidjan pour exiger un dialogue politique inclusif.
LJP
