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L’acceptation de la candidature d’Issa Thirouma Bakary ne relève pas d’un hasard électoral. Elle traduit la volonté du président Biya de clore son long règne par une transition sous contrôle. Laquelle transition sera marquée par une apparente ouverture démocratique mais stratégiquement orientée. Il s’agit d’un dernier coup de maître politique qui consiste à donner l’image d’un Cameroun prêt à se renouveler. Notamment, tout en s’assurant que ce renouvellement reste, au fond, sous le regard bien vaillant du patriarche.
L’annonce de la validation de la candidature d’Issa Thirouma Bakary à la présidentielle de 2025 au Cameroun a surpris plus d’un observateur. Officiellement, elle traduit la vitalité démocratique d’un système politique longtemps accusé d’être verrouillé. Mais en réalité, cette ouverture apparente pourrait bien être le fruit d’une stratégie mûrement réfléchie par le président sortant, Paul Biya, soucieux de préparer une transition politique contrôlée et de reprendre l’initiative face aux influences extérieures.
Une ouverture calculée, pas une rupture
Loin d’un geste de faiblesse, l’acceptation de la candidature d’un haut cadre du régime, mais perçu comme plus réformateur, semble répondre à une logique de continuité maîtrisée. À 92 ans, Paul Biya, au pouvoir depuis plus de quatre décennies, sait que son départ est inévitable. En permettant à Issa Thirouma Bakary, figure loyale mais à l’image moderniste, de concourir, il offre à son camp une porte de sortie honorable : celle d’une transition douce, sous contrôle, sans bouleversement brutal du système en place.
Une manœuvre politique pour reprendre la main
Cette décision s’inscrit aussi dans un jeu d’équilibre interne : calmer les tensions au sein du RDPC, tout en donnant un signal d’ouverture à une jeunesse frustrée par l’immobilisme. En laissant émerger un candidat issu du sérail, Biya démonte l’argument d’un régime fermé et déplace le débat du terrain de la légitimité à celui du projet politique.
Un message à l’Occident : la succession sera camerounaise
Derrière cette ouverture se cache également un message adressé aux capitales occidentales souvent accusées de vouloir influencer la transition au Cameroun. Paul Biya, en validant une candidature interne crédible, reprend la main sur le scénario de succession. Il montre ainsi que la relève ne viendra ni de la pression étrangère, ni d’une révolution de rue, mais du cadre institutionnel qu’il aura lui-même façonné.
Perez E.
