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L’ancien président ivoirien sort de son silence. À quelques jours d’une présidentielle sous tension, Laurent Gbagbo prépare une adresse au peuple. Son parti, le PPA-CI, dénonce une répression brutale et appelle à la résistance face à ce qu’il qualifie de “dérive autoritaire” du régime Ouattara.
Le ton est grave, la colère contenue. Ce mercredi 15 octobre 2025, Laurent Gbagbo a réuni en urgence le Conseil stratégique et politique (CSP) du Parti des peuples africains – Côte d’Ivoire (PPA-CI), à son cabinet d’Attoban. Objectif : faire face à la “crise préélectorale la plus dangereuse depuis 2010”.
Dans une note rendue publique, le PPA-CI accuse le président Alassane Ouattara de “verrouiller le jeu démocratique” et de s’engager dans une “fuite en avant autoritaire”. Le parti affirme que le chef de l’État “s’accroche à un quatrième mandat anticonstitutionnel”, tout en “écartant par la force ses concurrents les plus redoutables”.
Selon le PPA-CI, Laurent Gbagbo, Tidjane Thiam et Pascal Affi N’Guessan ont été “illégalement exclus du scrutin du 25 octobre”. Une “fraude institutionnelle”, dit le texte, qui “transforme l’élection en formalité de reconduction”.
Mais la tension a franchi un cap après la répression des marches pacifiques du Front commun PPA-CI/PDCI, le 11 octobre. “Deux morts, un bébé étouffé par les gaz lacrymogènes à Adzopé et un jeune manifestant tué d’une balle à Bonoua”, dénonce le parti, évoquant “une brutalité inacceptable d’un pouvoir qui a peur de son peuple”. Plus de 700 personnes ont été arrêtées, certaines transférées à la prison d’Abidjan.
Dans cette atmosphère explosive, Laurent Gbagbo a annoncé son intention de “s’adresser directement aux Ivoiriens dans les prochains jours”. Selon le communiqué, il entend “redonner espoir à un peuple muselé et rappeler que la résistance citoyenne reste la voie de la liberté”.
Le PPA-CI, appuyé par le Front commun, promet de poursuivre la lutte “par les moyens démocratiques”. À Abidjan comme à l’intérieur du pays, la base militante s’organise déjà. “L’heure n’est plus à la peur”, conclut la note. “L’heure est à la résistance.”
LJP
