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Un climat de méfiance et de vigilance s’installe au Burkina Faso. Jeudi, le gouvernement a adopté un décret imposant aux ONG et associations agréées de domicilier leurs comptes à la Banque des dépôts du Trésor (BDT). Une décision directement liée au démantèlement récent d’un réseau d’espionnage opérant sous couverture humanitaire et impliquant l’ONG internationale INSO.
Désormais, toutes les opérations financières des ONG – dons, subventions et dotations – devront transiter exclusivement par des comptes ouverts à la BDT. Objectif officiel : assurer la traçabilité des fonds, prévenir le blanchiment d’argent, le détournement de ressources et toute activité contraire à l’ordre public, tout en renforçant la confiance des partenaires internationaux.
L’affaire INSO a mis le pays en alerte. Selon le gouvernement, sept personnes, dont des ressortissants français, tchèque et malien, ont été interpellées pour « collecte d’informations sensibles » sur les Forces de défense et de sécurité. L’ONG, suspendue depuis juillet 2025, aurait continué certaines activités malgré l’interdiction. D’après le ministre Mahamadou Sana, les services de renseignement ont découvert, grâce à une dénonciation citoyenne, que l’organisation avait collecté des informations sur les déplacements militaires, les zones d’opération et les incidents liés aux engins explosifs improvisés.
La structure de ce réseau comprenait d’anciens membres des FDS comme conseillers, des agents sur le terrain pour la collecte des données, et des relais communautaires rémunérés pour leurs contributions. Parmi les personnes arrêtées figurent Jean-Christophe Emile Pegon, directeur pays français, Aminata Marianne Guissé, directrice adjointe franco-sénégalaise, et Thomas Muzik, directeur général adjoint tchèque, ainsi que plusieurs collaborateurs burkinabè et un Malien.
Le décret de jeudi renforce la régulation et le contrôle des activités et financements des ONG, traduisant une volonté claire des autorités : prévenir tout risque pour la sécurité nationale et assurer une transparence totale des structures opérant sur le territoire. Dans un contexte marqué par l’espionnage et la défiance, le Burkina Faso affirme ainsi sa vigilance, mêlant sécurité et contrôle financier.
LJP
