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Des échauffourées ont éclaté ce mardi 21 octobre 2025 à Daloa, dans le centre-ouest de la Côte d’Ivoire, entre manifestants et forces de l’ordre, sur fond de contestation du quatrième mandat du président sortant Alassane Ouattara. À quatre jours de la présidentielle, la tension monte dans plusieurs villes du pays, où la colère populaire se mêle à la peur d’un nouveau cycle de violence politique.
Dès les premières heures, des jeunes se sont rassemblés dans les quartiers de Sapia et du centre-ville pour une marche qu’ils disent « pacifique », afin de réclamer la « fin de l’injustice électorale ». Mais la manifestation a rapidement dégénéré. « Ils ont tiré des gaz lacrymogènes partout, même près des écoles ! », raconte une habitante, encore sous le choc. Des vidéos montrent des enfants en pleurs, des rues couvertes de fumée et des manifestants criant leur colère.
Les forces de sécurité, déployées en nombre, ont riposté à coups de grenades lacrymogènes. Si aucun blessé grave n’a été officiellement signalé, la colère est palpable dans la ville. Ces affrontements font suite à une série de manifestations similaires à Agboville, Yamoussoukro et Ouragahio, où des routes ont été bloquées et des pneus incendiés. À Agboville, un officier de gendarmerie, le sous-lieutenant Daniogo Klenon Lassina, a été tué par balles lors d’une opération de maintien de l’ordre.
L’opposition dénonce une répression « violente et disproportionnée » et accuse le pouvoir de verrouiller le jeu politique. Depuis le rejet des candidatures de Laurent Gbagbo, Tidjane Thiam et Pascal Affi N’Guessan, le climat s’est durci. Pour les partisans de l’opposition, la validation de la candidature d’Alassane Ouattara, 83 ans, pour un quatrième mandat, est une « trahison de la Constitution » qui limite le nombre de mandats à deux.
Le Front commun PPA-CI–PDCI appelle à poursuivre les mobilisations « pour la justice et la démocratie », malgré l’interdiction gouvernementale de toute manifestation contestant la décision du Conseil constitutionnel. Le ministère de la Sécurité a pour sa part annoncé près de 700 interpellations depuis le début des troubles.
À Daloa, les habitants vivent dans la crainte d’un nouvel embrasement. « On a peur que tout recommence comme en 2020 », murmure un commerçant. Malgré les appels au calme du gouvernement, la tension reste vive à l’approche du scrutin du 25 octobre.
Ljp
