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Cameroun : la fuite nocturne d’Issa Tchiroma Bakary, entre panique et soupçons d’État

ByÉquipe LeJourPile

Oct 25, 2025

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Une nuit trouble a balayé Yaoundé. Quelques heures seulement après les arrestations spectaculaires de Djeukam Tchaméni et d’Anicet Ekane à Douala, une rumeur persistante a pris corps : Issa Tchiroma Bakary, président du FSNC et ancien ministre de la Communication, aurait quitté le pays dans la nuit du 23 au 24 octobre. Direction, selon plusieurs sources concordantes, le Nigeria.

Une fuite organisée, presque militaire

D’après les premières informations recueillies par 237online.com, l’ex-ministre aurait quitté son domicile de Yaoundé peu avant minuit, à bord d’un convoi discret de deux véhicules 4×4. Escorté de cinq collaborateurs de confiance, il aurait traversé la frontière de l’Adamaoua avant l’aube, échappant de justesse aux contrôles sécuritaires.

« L’homme semblait redouter une interpellation imminente », confie une source sécuritaire.
Cette fuite précipitée fait suite à l’arrestation de figures politiques majeures à Douala, en possession, selon les enquêteurs — de faux procès-verbaux d’ELECAM et de matériel militaire sensible. Un dossier explosif, au cœur d’une enquête sur une possible tentative de déstabilisation du pays.

Les arrestations qui ont tout déclenché

Les interpellations de Djeukam Tchaméni et d’Anicet Ekane ont agi comme une déflagration.
Depuis, les services de renseignement multiplient les investigations sur un réseau soupçonné d’avoir orchestré des actions illégales à la veille de la proclamation des résultats présidentiels.
Des perquisitions auraient eu lieu à Douala, Garoua et Ngaoundéré.
Au centre de ces soupçons : des mouvements financiers suspects et des appels à la mobilisation lancés sur les réseaux sociaux par certains cadres du FSNC.

Un officier du renseignement, sous couvert d’anonymat, évoque « un plan de contestation nationale structuré, soutenu par des relais politiques ». Une hypothèse que le silence de Yaoundé ne fait que renforcer.

Des accusations lourdes comme le plomb

Si la fuite de Tchiroma se confirme, les chefs d’accusation potentiels sont graves : insurrection, rébellion, haute trahison, hostilité envers l’État.
Des crimes politiques majeurs, passibles de la prison à vie selon le Code pénal camerounais.
Issa Tchiroma, connu pour ses prises de position tranchées et ses revirements politiques spectaculaires, avait récemment multiplié les appels à des “marches de résistance” non autorisées.
Un comportement que plusieurs analystes qualifient aujourd’hui d’“irresponsable et provocateur”.

 Silence officiel, rumeurs et manœuvres

Pour l’heure, aucun communiqué gouvernemental n’a confirmé ni infirmé la fuite du leader du FSNC.
Mais sur le terrain, les opérations de ratissage se multiplient dans les régions frontalières.
À Maroua, Garoua et Ngaoundéré, les forces de défense ont renforcé les contrôles routiers.
Pendant ce temps, le FSNC se déchire : certains cadres dénoncent une “chasse politique orchestrée”, d’autres, plus prudents, évoquent “une crise interne inévitable”.

 Un tournant pour le Cameroun politique

Le Cameroun entre dans une zone de turbulences.
La disparition soudaine d’un ancien ministre, sur fond d’arrestations politiques, jette une ombre sur la stabilité du régime et sur la crédibilité du processus électoral.
Le pays retient son souffle.
Entre rumeurs d’exil et menace d’arrestation, une question demeure en suspens :

Issa Tchiroma Bakary reviendra-t-il pour affronter la justice, ou vient-il d’écrire le premier acte de son exil politique ? Autant de questions que se posent bon nombre d’observateurs.

Ljp

Équipe LeJourPile