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Algérie : les élections 2026 attendues dans un climat de recomposition politique et de défiance populaire

ByÉquipe LeJourPile

Nov 15, 2025

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Les élections législatives et locales prévues début 2026 se déroulent dans un contexte de recomposition politique lente, alors que le pouvoir cherche à affirmer un retour à la normalité institutionnelle après les années de contestation du Hirak.

À l’approche des scrutins, la majorité des partis affichent une volonté de participation, présentée comme un acte de « défense de l’État national ». Derrière ces appels officiels à un « sursaut patriotique », la classe politique peine toutefois à convaincre une population désabusée par des élections marquées, depuis plusieurs années, par une faible mobilisation et une défiance persistante envers les institutions.

Après plusieurs cycles électoraux boycottés par une partie de l’opposition, le ton a changé : même les formations critiques du pouvoir annoncent leur intention de participer aux prochaines échéances. Cette posture, saluée par le gouvernement, est présentée comme une rupture avec la « politique de la chaise vide » qui avait isolé de nombreux partis. « L’existence d’un parti se justifie par sa participation aux élections », ont rappelé plusieurs dirigeants dans les médias.

Pour les observateurs, cette mobilisation reste avant tout stratégique. Pour beaucoup de partis, participer aux scrutins sert davantage à maintenir leur visibilité qu’à défendre un projet politique. Dans un système où les contre-pouvoirs institutionnels restent faibles, la compétition électorale demeure le principal espace toléré d’expression publique.

Le discours officiel insiste sur la « défense de la souveraineté nationale » et la « consolidation du front interne », un cadrage patriotique qui, selon certains analystes, occulte les enjeux socio-économiques cruciaux : chômage, inflation et crise du logement.

La société civile, elle, reste divisée. Certains considèrent ces élections comme un « moment de respiration démocratique « . D’autres y voient une mise en scène électorale sans réelle ouverture. Avec une abstention qui avait atteint près de 77 % lors des législatives de 2021, la participation reste le principal défi pour la crédibilité du scrutin.

Ljp