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Le Collectif des attributaires de la forêt de la Djibi (CAFOD) hausse le ton face au récent classement des 514 hectares d’Ahoué en réserve domaniale pour la construction de logements sociaux. Pour les attributaires, il s’agit d’un passage en force, mené en violation des règles les plus élémentaires de transparence et de justice foncière.
En conférence de presse le vendredi 14 novembre 2025, le CAFOD a dénoncé l’absence totale d’enquête publique, pourtant exigée par l’article 240 du Code de l’urbanisme avant toute déclaration d’utilité publique. Cette omission n’est pas une simple formalité oubliée : c’est un vice de procédure majeur, capable d’invalider l’ensemble du processus d’expropriation. Les membres du collectif estiment que l’État ne peut s’affranchir des textes lorsqu’il s’agit de priver des citoyens de leurs terres, d’autant plus que ces dernières sont légalement occupées depuis plus d’un demi-siècle.
Selon le porte-parole Mobio Eric, le CAFOD détient 450 hectares sur les 514 visés, sur la base d’arrêtés d’occupation pris en 1967 et 1969, publiés au Journal officiel et enregistrés aux livres fonciers ruraux. Les attributaires se disent fatigués de devoir constamment défendre des droits pourtant réguliers, appuyés par des redevances payées et un cahier des charges scrupuleusement respecté.
Le collectif exige donc la suspension immédiate de tous les travaux liés au projet « Les Jardins d’Ahoué », lancé le 28 juillet 2025. Il estime que nul — ministère, concessionnaire ou partenaire privé — ne peut agir comme propriétaire sans un accord légal avec les détenteurs des droits réels.
Pour le CAFOD, il ne s’agit pas de s’opposer au programme de logements sociaux, jugé utile et bénéfique pour les populations. Il s’agit de défendre une valeur fondamentale : la justice foncière, sans laquelle aucun développement n’est durable. Le collectif appelle les autorités à respecter la loi. A ouvrir une enquête publique transparente et garantir un traitement équitable pour chaque attributaire.
Ljp
