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Les exportations sénégalaises ont bondi de 52 % sur les neuf premiers mois de 2025, portées par la montée en puissance des hydrocarbures et le dynamisme du secteur halieutique. Cette amélioration spectaculaire du commerce extérieur intervient toutefois dans un contexte budgétaire tendu, marqué par la récente dégradation de la note souveraine du pays à « CCC+ » par l’agence S&P, en raison d’une dette publique estimée à 119 % du PIB.
Selon les dernières données de l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (ANSD), consultées par APA, les exportations sénégalaises ont atteint 420,8 milliards FCFA en septembre 2025, soit une hausse mensuelle de 4 %. Sur neuf mois, elles culminent à 4 097,6 milliards FCFA, un niveau jamais atteint, tiré par les ventes d’huiles brutes de pétrole (108,8 milliards), de produits raffinés (95,3 milliards), d’or non monétaire (40,7 milliards) et de produits de pêche (18,5 milliards). Le Mali demeure le premier client du Sénégal, suivi de l’Italie et de l’Espagne.
Les importations, elles, affichent un léger repli en septembre (-2,9 %), pour un total de 502,7 milliards FCFA. Sur neuf mois, elles progressent timidement (+1,2 %) à 5 224,5 milliards FCFA, dominées par les achats de produits pétroliers, de machines, de pétrole brut et de riz. La Chine reste le principal fournisseur du pays.
Le déficit commercial, quant à lui, poursuit sa contraction. Il ressort à 81,9 milliards FCFA en septembre contre 112,8 milliards un mois plus tôt. Sur neuf mois, il est quasiment divisé par deux pour s’établir à 1 126,9 milliards, grâce à un excédent renforcé avec le Mali, l’Espagne et la Guinée, et à une réduction des déséquilibres vis-à-vis de la France, des États-Unis et du Brésil.
Sur le marché financier, l’État a réussi une levée de 99 milliards FCFA lors d’une adjudication de titres publics, dépassant l’objectif initial grâce à un taux de couverture de 111 % et un rendement moyen de 6,88 %.
Mais ces signaux positifs cohabitent avec un environnement budgétaire plus complexe. S&P met en avant les besoins de financement très élevés pour 2026 — près de 29 % du PIB — et un service de la dette extérieure évalué à 2 600 milliards FCFA. La suspension du programme du FMI en 2024 et les négociations en cours pour un nouvel accord continuent d’alimenter les incertitudes autour de la trajectoire financière du pays.
Ljp
