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Bénin : l’armée sonne l’alerte et réaffirme sa neutralité face aux tentations politiques

ByÉquipe LeJourPile

Nov 19, 2025

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Au Bénin, l’armée n’a pas seulement parlé : elle a frappé du poing sur la table.
À l’heure où les tensions politiques montent et où les rumeurs d’ingérences ressurgissent à l’approche des élections, le haut commandement des Forces armées béninoises (FAB) a choisi de rappeler une vérité fondamentale : l’armée appartient à la Nation, pas aux partis politiques.

Lors de la troisième Journée du soldat, le Général de division Fructueux Gbaguidi, Chef d’état-major général, n’a pas fait dans la nuance. Devant des rangs entiers d’officiers et d’hommes de troupe, il a livré une leçon de morale républicaine d’une rare fermeté.
Son message : toute déviation politique au sein de l’armée constitue une menace directe contre la cohésion, la discipline et la stabilité du pays.

« Une armée politisée est une armée brisée » : le général Gbaguidi avertit

Sans détour, le CEMG a rappelé que si les soldats se mettaient à servir des camps politiques opposés, « l’institution s’effondrerait immédiatement ».
Une armée fragmentée, a-t-il insisté, devient incapable de protéger la population, incapable de défendre le territoire, incapable même de fonctionner.

Son discours n’était pas une mise en garde théorique.
C’était un signal d’urgence, dans un contexte national où certains comportements individuels pourraient être influencés par la fièvre électorale.
Le général l’a dit clairement : la neutralité n’est pas un slogan, c’est une ligne rouge.

La règle est simple : les civils décident, les militaires exécutent

Le Général Gbaguidi a rappelé un principe cardinal des démocraties :
la politique appartient aux civils, la protection de la République appartient aux militaires.

Il a expliqué que chaque acteur de l’État a un domaine précis, et que l’armée n’a pas vocation à franchir la frontière politique.
Même au niveau stratégique, les FAB n’interviennent que pour appliquer les décisions des autorités civiles. Rien d’autre. Jamais plus.

Cette répartition évite les dérives que l’on observe ailleurs sur le continent, là où des armées politisées se sont improvisées arbitres ou acteurs de la vie publique, avec les conséquences que l’on sait.

Le CEMG a donc insisté :
les militaires doivent rester concentrés sur leur mission sacrée – protéger le territoire, défendre l’ordre constitutionnel, assurer la sécurité du peuple.
Les questions partisanes sont l’affaire des politiciens, pas des casernes.

Neutralité permanente : une obligation, pas une faveur

L’un des points les plus forts du discours portait sur la durée :
la neutralité ne se limite pas aux périodes électorales.

Pas de neutralité « à la carte », pas de posture occasionnelle.
C’est un engagement de carrière, un principe qui structure toute l’identité militaire.

Le général Gbaguidi a dénoncé toute prise de position personnelle, toute attitude ambiguë, tout comportement qui pourrait donner l’illusion d’un parti pris politique.
La neutralité, a-t-il dit, est la condition indispensable à la stabilité de l’armée et à la crédibilité des FAB aux yeux de la Nation.

Le soutien ferme du ministre de la Défense

Le ministre de la Défense, présent lors de la conférence, a validé la mise au point du Chef d’état-major.
Sa prise de parole a été claire :
une armée qui se laisse happer par les luttes partisanes perd son âme et sa force.

Il a rappelé que la stabilité de la République repose sur une institution militaire disciplinée, soudée et loyalement détachée des rivalités politiques.

Un rappel salutaire à l’heure des crispations politiques

Cette Journée du soldat n’a pas été une cérémonie de plus.
Elle a été un moment de vérité, un retour aux valeurs fondamentales :
discipline, unité, loyauté, devoir.

En réaffirmant avec vigueur la neutralité totale des Forces armées béninoises, le Général Gbaguidi a voulu prévenir toute dérive, toute tentative de manipulation, toute infiltration des passions politiques dans les rangs militaires.

Son message, à la fois ferme et pédagogique, rappelle ceci :
la force d’une armée ne se mesure pas seulement à ses armes, mais à sa capacité à rester fidèle à la République, même quand la tempête politique gronde.

Ljp

Équipe LeJourPile