• jeu. Mar 5th, 2026

Cameroun: Issa Tchiroma dans une errance en pleine cavale

ByÉquipe LeJourPile

Nov 24, 2025

👁 6,152 vues

Cameroun, Nigeria, Gambie… Le périple d’Issa Tchiroma Bakary ressemble aujourd’hui moins à un simple déplacement qu’à une fuite en avant orchestrée sous pression. L’opposant, arrivé officiellement deuxième lors de la présidentielle du 12 octobre 2025, vit depuis un mois une errance politique où chaque frontière franchie trahit l’urgence, la défiance… et l’impasse dans laquelle s’enfonce le Cameroun.

Depuis le 7 novembre, Tchiroma a trouvé un refuge « temporaire et humanitaire » en Gambie. Une hospitalité sous condition, qui dit tout des tensions régionales autour de cette crise post-électorale que Yaoundé n’est visiblement plus en mesure de contenir seule.

Car avant Banjul, l’opposant avait trouvé une première base arrière à Yola, au Nigeria. C’est là, juste de l’autre côté de la frontière, que l’ancien ministre devenu figure de proue de l’opposition a installé ses premières revendications : appels à la résistance, journées villes mortes, déclarations au ton présidentiel… tout pour contester le verdict des urnes. Pendant ce temps, le Cameroun multipliait tentatives d’arrestation et pressions sur son entourage, tandis que le Nigeria oscillait entre prudence diplomatique et calcul stratégique, allant jusqu’à envisager, puis renoncer, à une arrestation.

Dans l’ombre, son réseau de soutiens; émirats influents du nord du Nigeria, responsables locaux, anciens militaires camerounais, illustre à quel point cette affaire déborde largement les frontières du Cameroun. Et révèle, surtout, les lignes de fracture d’une région où alliances traditionnelles, intérêts politiques et solidarité communautaire se superposent.

Mais la pression est montée d’un cran : arrestations au Cameroun, surveillance accrue, menaces voilées. Yola est devenue trop étroite, trop risquée. Alors, le 7 novembre, Tchiroma quitte le Nigeria pour la Gambie. Là encore, une halte précaire. Banjul a confirmé sa présence, tout en rappelant qu’il ne s’agissait ni d’un asile durable ni d’un choix politique assumé.

Aujourd’hui, rien n’est stabilisé. Ni pour lui, ni pour son pays. Les négociations annoncées entre la Gambie, le Nigeria et le Cameroun restent floues, presque théoriques. Les soutiens de l’opposant se murent dans la prudence.

Ljp

Équipe LeJourPile