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Le Tchad a commémoré, ce 1ᵉʳ décembre 2025 à N’Djaména, la 35ᵉ Journée de la Liberté et de la Démocratie lors d’une cérémonie de prise d’armes présidée par le chef de l’État, Mahamat Idriss Déby Itno. Autour de lui, hauts responsables civils et militaires ont rendu hommage à une date qui marque la fin, en 1990, du régime d’Hissein Habré, accusé d’avoir causé la mort d’environ 40 000 Tchadiens durant ses huit années de pouvoir.
L’arrivée au pouvoir du MPS, conduit alors par Idriss Déby Itno, avait été présentée comme l’ouverture d’une nouvelle ère démocratique, symbolisée par la célèbre formule prononcée lors de son investiture : « Je ne vous apporte ni or ni argent, mais la liberté et la démocratie. »
Des critiques qui s’amplifient en marge des célébrations
Si le pouvoir met en avant une commémoration nationale, l’opposition et plusieurs organisations citoyennes estiment que la promesse démocratique de 1990 reste inachevée. Elles dénoncent un système perçu comme verrouillé, des scrutins contestés et un climat peu favorable au débat politique.
Ces dernières semaines, plusieurs partis de la coalition GCAP ont annoncé leur retrait de la scène politique. Ils accusent le gouvernement de ne pas offrir les garanties nécessaires à une compétition équitable, estimant que la célébration du 1ᵉʳ décembre est devenue « un rituel officiel éloigné des réalités du pays ».
Des organisations de la société civile évoquent également un recul des libertés, citant l’arrestation du Dr Succès Masra, condamné à 20 ans de prison, ainsi que des cas d’enlèvements et d’intimidations de militants.
Le gouvernement revendique des avancées
Le pouvoir, lui, rejette ces accusations. Il affirme que la démocratie tchadienne s’est consolidée ces dernières décennies, mettant en avant :
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la tenue régulière d’élections,
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l’existence de plus de 200 partis politiques,
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et la politique de réconciliation nationale prônée par le chef de l’État.
Pour les autorités, le 1ᵉʳ décembre demeure une date fondatrice, témoin d’un engagement ferme en faveur de la liberté et de l’unité nationale.
Entre célébration officielle et contestation politique, cette 35ᵉ Journée de la Liberté et de la Démocratie reflète une fois encore les fractures profondes qui traversent la scène politique tchadienne.
Ljp
