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Le Collectif Wekré a ouvert, le mardi 9 décembre 2025, la 6ᵉ édition de son exposition d’art contemporain au parc Bangr-Weogo. Plus qu’un rendez-vous artistique, cette édition se positionne comme un acte militant en faveur de la reconnaissance et de la structuration des scènes artistiques africaines, avec une présence marquée de créateurs venus du Burkina Faso, du Bénin, du Mali, du Niger, du Nigeria, du Togo et de la Côte d’Ivoire, dont la participation dynamique illustre l’essor régional.
Depuis six ans, Wekré s’impose comme un espace de résistance culturelle. Peinture, sculpture, photographie et installations deviennent autant de terrains où les artistes interrogent, dénoncent, réinventent. L’exposition, installée en plein cœur du parc Bangr-Weogo, se veut une respiration et un manifeste : celui d’une Afrique qui refuse d’être cantonnée aux marges du marché mondial de l’art.
Pour cette édition, le collectif a assumé un virage décisif. « Nous avons privilégié la qualité à la quantité », explique Aboubacar Sanga, secrétaire exécutif du Collectif Wekré. Une vingtaine d’artistes seulement ont été retenus après une sélection drastique, révélant des œuvres puissantes, abouties et porteuses de sens. Une démarche saluée par les professionnels présents, qui y voient une montée en gamme nécessaire pour rivaliser sur les grandes scènes internationales.
La Côte d’Ivoire, dont la scène artistique connaît un regain de visibilité, se distingue par la force créative de ses représentants. Leur participation active envoie un message clair : l’Afrique de l’Ouest, et en particulier l’espace ivoiro-burkinabè, est aujourd’hui un foyer d’innovation artistique incontournable.
Parrain de cette édition, Ibrahim Héma, secrétaire exécutif de la Fondation Orange, a appelé à une mobilisation collective. « Soutenir Wekré, c’est investir dans l’avenir de nos artistes et défendre notre droit à créer, penser et rêver », a-t-il lancé, dénonçant le manque de mécénat local et invitant les citoyens à jouer leur rôle.
Le vernissage a également été marqué par La balle décisive, œuvre-hommage aux soldats burkinabè réalisée par Wilfrid Sanou à partir de matériaux recyclés. Une création brute et percutante qui rappelle que l’art est aussi une arme symbolique, un miroir tendu à nos luttes quotidiennes.
Avec cette 6ᵉ édition, Wekré ne se contente plus d’exposer. Le collectif revendique, affirme et rassemble. Il place l’Afrique au centre de sa propre narration, et offre à des pays comme la Côte d’Ivoire une vitrine forte pour défendre la puissance et la pluralité de leurs expressions artistiques.
Ljp
