👁 4,838 vues
À l’issue de sa réélection, le président Alassane Ouattara prépare une recomposition en profondeur du paysage politique ivoirien. Selon Africa Intelligence, le chef de l’État entend placer son frère cadet, Téné Birahima Ouattara, au cœur de l’appareil exécutif, alors que se profilent les élections législatives du 27 décembre et un nouveau cycle politique.
Objectif : une majorité parlementaire sans partage
Le RHDP vise près de 80 % des sièges à l’Assemblée nationale, un objectif stratégique pour garantir une maîtrise totale des leviers institutionnels. Une telle majorité permettrait au pouvoir d’engager de vastes réformes et de redéfinir l’architecture du gouvernement autour d’un noyau resserré.
Téné Birahima Ouattara, de la Défense à la primature ?
La présence de Téné Birahima à Abobo s’inscrit dans une logique d’ancrage politique local destiné à légitimer son ascension au sein du futur exécutif. Son maintien au ministère de la Défense semble désormais improbable. Plusieurs scénarios ont été envisagés, dont la présidence de l’Assemblée nationale. Mais le poids politique retrouvé d’Adama Bictogo tend à écarter cette option.
La piste la plus sérieuse aujourd’hui le place à la primature. Cette nomination donnerait au Président une plus grande maîtrise de l’action gouvernementale et conférerait à son frère un rôle majeur dans la conduite du prochain quinquennat, consolidant l’influence du clan Ouattara au sommet de l’État.
Une recomposition inévitable à la tête du gouvernement
Si ce scénario se confirme, Robert Beugré Mambé pourrait quitter la primature. D’après Africa Intelligence, il serait pressenti pour occuper la vice-présidence, mais avec des prérogatives réduites. L’actuel vice-président, Tiémoko Meyliet Koné, a vu son influence décroître ces derniers mois et pourrait être relégué à un rôle plus symbolique.
Un nouvel équilibre politique autour du Président
Dans l’entourage présidentiel, certaines figures consolident leur place. Patrick Achi resterait un acteur structurant, tandis que Masséré Touré et Fidèle Sarassoro conserveraient leur poids au sein du Palais.
À l’inverse, d’autres personnalités historiques pourraient quitter le premier plan. L’ancien ministre et actuel grand chancelier, Ally Coulibaly, fait notamment partie des noms évoqués pour un départ.
Une révision constitutionnelle envisagée
Au-delà de la recomposition gouvernementale, Alassane Ouattara réfléchirait également à une modification de la Constitution. Fort de la majorité attendue à l’Assemblée nationale, il envisagerait d’amender plusieurs dispositions clés pour accompagner les orientations du nouveau mandat.
Cette recomposition en préparation dessine les contours d’un quatrième quinquennat marqué par un renforcement du contrôle présidentiel, une réorganisation des centres de pouvoir et l’ascension annoncée de Téné Birahima Ouattara comme figure centrale du dispositif gouvernemental à venir.
Ljp
