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Forum économique Mali – Afrique du Sud 2026 : Bamako mise sur la diversification des investissements

ByÉquipe LeJourPile

Fév 24, 2026

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Le forum économique Mali – Afrique du Sud, prévu en avril 2026 à Bamako, ambitionne de redéfinir les bases d’une coopération encore largement dominée par le secteur minier. Les autorités maliennes veulent faire de ce rendez-vous un levier stratégique pour attirer des investissements productifs et élargir les échanges vers des secteurs à plus forte valeur ajoutée.

Le forum économique Mali – Afrique du Sud 2026 se tiendra en avril prochain à Bamako, avec pour objectif affiché de diversifier une coopération bilatérale encore fortement concentrée sur l’exploitation minière. L’annonce a été faite à l’issue d’une audience accordée par le ministre malien de l’Industrie et du Commerce à la chargée d’affaires de l’ambassade d’Afrique du Sud au Mali, Patience Lorna Mosima Masisi.

Selon la communication officielle des services gouvernementaux, ce forum d’affaires doit réunir des opérateurs économiques maliens et sud-africains autour de projets concrets. L’objectif est clair : mobiliser une délégation d’hommes d’affaires sud-africains afin de favoriser des partenariats directs et d’identifier de nouvelles opportunités d’investissement au Mali.

Une relation commerciale solide mais concentrée

Les relations économiques entre les deux pays ne partent pas de zéro. Elles sont déjà significatives, mais fortement déséquilibrées sur le plan sectoriel.

D’après des données issues de la base UN Comtrade, compilées par Trading Economics, les exportations du Mali vers l’Afrique du Sud ont atteint environ 1,82 milliard de dollars en 2023. Ces flux sont essentiellement constitués de pierres et métaux précieux, confirmant le poids central du secteur minier dans les échanges bilatéraux.

À l’inverse, les importations maliennes en provenance d’Afrique du Sud sont estimées à près de 103,77 millions de dollars sur la même période. Elles concernent principalement des machines, des équipements industriels, des véhicules et des produits métallurgiques.

Ce schéma met en évidence une structure classique d’échanges : matières premières contre produits transformés. Une configuration que Bamako souhaite désormais faire évoluer.

Diversifier pour créer plus de valeur

Pour les autorités maliennes, le forum d’avril 2026 doit marquer un tournant. Si le secteur minier demeure un pilier naturel des relations bilatérales, il ne saurait constituer l’unique moteur de la coopération.

Bamako met en avant le potentiel du textile, de l’industrie pharmaceutique et de la transformation agro-industrielle. Ces secteurs sont perçus comme des relais de croissance capables de générer davantage de valeur ajoutée locale et de créer des emplois.

La transformation agro-industrielle apparaît notamment comme un axe stratégique. Le Mali dispose d’importantes ressources agricoles, mais leur valorisation industrielle reste limitée. Un partenariat avec des entreprises sud-africaines expérimentées pourrait contribuer à renforcer les capacités de transformation sur place.

Le textile constitue également une piste prometteuse. Avec sa production de coton, le Mali ambitionne de développer une industrie locale plus intégrée, allant au-delà de l’exportation de fibres brutes.

Un cadre organisationnel renforcé

Conscientes des enjeux, les autorités maliennes ont désigné un point focal au sein du ministère de l’Industrie et du Commerce. Cette cellule devra assurer la coordination technique du forum et préparer en amont les rencontres sectorielles.

L’objectif est d’éviter que l’événement ne se limite à des déclarations d’intention. Les organisateurs souhaitent favoriser des discussions ciblées entre entreprises, avec à la clé des protocoles d’accord ou des projets concrets.

Cette approche pragmatique traduit une volonté de professionnaliser la diplomatie économique malienne. Il ne s’agit plus seulement d’attirer des partenaires, mais de structurer les échanges pour maximiser les retombées.

Un contexte régional concurrentiel

Le forum intervient dans un environnement régional marqué par une concurrence accrue pour l’attraction des investissements. Plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest cherchent à renforcer la transformation locale de leurs matières premières et à capter des capitaux étrangers.

Dans ce contexte, le Mali entend mettre en avant ses atouts : ressources naturelles abondantes, potentiel agricole important et position géographique stratégique.

Pour l’Afrique du Sud, première économie industrialisée du continent, le Mali peut représenter une porte d’entrée vers de nouveaux marchés sahéliens. Les entreprises sud-africaines disposent d’un savoir-faire reconnu dans les secteurs minier, industriel et logistique.

Entre défis structurels et opportunités

La réussite du forum dépendra toutefois de plusieurs facteurs. Le climat des affaires, les infrastructures et la stabilité réglementaire demeurent des éléments déterminants pour convaincre les investisseurs.

Les autorités maliennes sont conscientes de ces défis. Elles misent sur une coopération ciblée et sectorielle pour construire des partenariats durables.

L’enjeu dépasse la simple augmentation des flux commerciaux. Il s’agit de transformer la nature des échanges, en passant d’une logique extractive à une logique productive et industrielle.

Un test pour la diplomatie économique malienne

Le forum économique Mali – Afrique du Sud 2026 constitue ainsi un test pour la diplomatie économique de Bamako. Il devra démontrer la capacité du pays à attirer des investissements structurants et à négocier des partenariats équilibrés.

Si les rencontres d’avril débouchent sur des projets opérationnels, le rendez-vous pourrait marquer une étape importante dans la diversification des relations bilatérales.

À défaut, il restera un exercice diplomatique de plus dans un environnement compétitif.

Pour Bamako, l’enjeu est donc double : consolider une relation commerciale déjà substantielle avec l’Afrique du Sud et ouvrir un nouveau chapitre fondé sur la transformation industrielle, la création d’emplois et la montée en gamme de son économie.

Ljp

Équipe LeJourPile