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Côte d’Ivoire: à Songon, des propriétaires de terrains bloqués par le Cnra, la colère monte

ByÉquipe LeJourPile

Mar 19, 2026

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Des terres acquises… mais inutilisables

À Songon, des Ivoiriens détenteurs de terrains dans les lotissements Cité Abadjin-Doumin, Cité Abadjin-Kouté, Cité Sagou et Cité Akouédo d’Akoli Pierre se heurtent à un mur : le Centre national de recherche agronomique (Cnra) bloque toute activité sur leurs parcelles. Ces 243 hectares, situés derrière le siège du Cnra, restent ainsi inexploités malgré des arrêtés ministériels de 2019 et des Arrêtés de concession définitive (Acd) en leur possession.

Les acquéreurs expriment leur ras-le-bol

Le 13 mars 2026, lors d’une rencontre à Songon, Charles Anderson Koua, président du collectif des acquéreurs, n’a pas caché sa frustration :
« Nous avons acheté nos terrains légalement, mais le Cnra nous empêche de les utiliser. Nous avons respecté toutes les procédures, pourtant, nous sommes bloqués », a-t-il dénoncé.

La gendarmerie sur place

Pour sécuriser le site, le Cnra a déployé des éléments de la gendarmerie. Les acquéreurs affirment que cette mesure est disproportionnée : « Le centre n’est même pas installé ici. Nous sommes traités comme des intrus sur nos propres terres », ajoute Charles Anderson Koua.

La réaction du Cnra

Le Cnra rappelle que le site fait partie de son patrimoine scientifique, hérité d’un accord-cadre signé avec la France en 1984. Trois décrets d’affectation de 1998, plusieurs titres fonciers et décisions administratives encadrent la propriété. Le Conseil d’État, le 3 juillet 2020, avait d’ailleurs suspendu toute exploitation des lieux, justifiant la présence des forces de l’ordre.

Une issue attendue

Les acquéreurs réclament désormais l’intervention des autorités administratives et gouvernementales pour une solution équitable. Leur objectif : pouvoir exploiter leurs terrains légalement acquis, tout en respectant les droits de l’État et du Cnra.

Une affaire qui fait parler

Le litige a récemment été ravivé par des publications sur les réseaux sociaux, amplifiant la colère et l’inquiétude des propriétaires. Tous espèrent que l’État ivoirien trouvera rapidement un compromis pour protéger les intérêts des différentes parties et éviter une escalade du conflit.

Loba Christo