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Le Comité de concertation État-Secteur privé a remis au centre du débat un outil clé pour l’avenir de l’agriculture ivoirienne : le Système de récépissé d’entreposage (SRE). Lors de la 4ᵉ édition de la tribune « Zoom sur », organisée le jeudi 16 avril 2026 à Abidjan, en partenariat avec l’Autorité de régulation du système de récépissés d’entreposage, les acteurs publics et privés ont été appelés à accélérer son adoption.
Placée sous le thème « Le SRE, un levier pour le financement de l’agriculture et de l’agro-industrie », cette rencontre visait à vulgariser un mécanisme encore méconnu mais stratégique pour structurer les filières agricoles.
Mis en place depuis 2018, le SRE permet aux producteurs de stocker leurs récoltes dans des entrepôts agréés et d’obtenir un récépissé électronique pouvant servir de garantie auprès des institutions financières. Un dispositif qui change la donne : accès au crédit facilité, meilleure gestion des stocks et vente au moment le plus avantageux.
Pour Mariam Fadiga, l’enjeu est désormais d’atteindre une appropriation totale de cet outil afin de sécuriser l’approvisionnement des industries et stimuler la transformation locale.
Le directeur général de l’ARRE, Justin Koffi, a quant à lui insisté sur le rôle structurant du SRE dans la modernisation du secteur. Il repose, selon lui, sur un écosystème solide combinant cadre réglementaire, infrastructures de qualité, acteurs certifiés et implication active des banques.
Les performances du système confirment son potentiel. De seulement 34,6 tonnes stockées en 2019, les volumes ont atteint plus de 26 000 tonnes en 2025, avec près de 1 000 récépissés émis. Des produits stratégiques comme la noix de cajou, le maïs et la noix de cola sont désormais concernés.
Pour Michel Manlan, cette progression démontre la viabilité du modèle et son rôle croissant dans la structuration des chaînes de valeur agricoles.
Cependant, plusieurs défis restent à relever. Justin Koffi a identifié des priorités claires : renforcer l’adhésion des producteurs, mobiliser davantage les institutions financières et développer les infrastructures de stockage au plus près des zones de production.
Afin de soutenir cette dynamique, les autorités envisagent la création d’un fonds de garantie dès 2026 pour réduire les risques bancaires et encourager les financements agricoles.
À terme, le SRE apparaît comme un levier stratégique capable de transformer en profondeur l’agriculture ivoirienne : moins de pertes, plus de financements, des revenus améliorés et des chaînes de valeur plus compétitives.
Sonia Coulibaly
