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Union africaine – Burkina Faso : une visite de relance du dialogue dans un contexte de tensions régionales

ByÉquipe LeJourPile

Avr 20, 2026

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Le président du Burundi et président en exercice de l’Union africaine, Évariste Ndayishimiye, a effectué le lundi 20 avril 2026 une visite de travail à Ouagadougou, marquant une tentative de relance du dialogue entre l’organisation continentale et le Burkina Faso.

Accueilli à son arrivée par le président de la transition burkinabè, Ibrahim Traoré, le chef de l’État burundais a eu un entretien officiel au palais présidentiel, dont les contours n’ont pas été rendus publics. Cette rencontre s’inscrit dans une séquence diplomatique sensible, alors que les relations entre l’Union africaine et le Burkina Faso restent marquées par des tensions persistantes.

Une visite à forte portée politique

Cette mission intervient dans un contexte où le Burkina Faso, aux côtés du Mali et du Niger, est suspendu des instances de Union africaine à la suite des transitions politiques amorcées depuis 2020. Ces trois pays ont par ailleurs consolidé leur rapprochement au sein de l’Alliance des États du Sahel (AES), redéfinissant en partie les équilibres régionaux.

Dès lors, la présence du président en exercice de l’UA à Ouagadougou apparaît comme une démarche visant à maintenir un canal de dialogue ouvert, malgré les divergences institutionnelles.

Entre fermeté institutionnelle et pragmatisme diplomatique

Depuis le coup d’État de septembre 2022, l’Union africaine défend une ligne de principe axée sur le retour à l’ordre constitutionnel. Toutefois, les différentes initiatives engagées témoignent d’une approche plus nuancée. La visite de Moussa Faki Mahamat en février 2023, suivie d’une mission d’écoute conduite en 2025 par Antonio Tete, ont permis de préserver un minimum d’échanges diplomatiques entre les deux parties.

Dans cette continuité, le déplacement d’Évariste Ndayishimiye s’inscrit dans une logique de diplomatie d’engagement, cherchant à concilier exigences institutionnelles et réalités politiques sur le terrain.

Un enjeu régional au-delà du Burkina Faso

Au-delà du cas burkinabè, cette visite reflète les défis plus larges auxquels fait face l’Union africaine dans la gestion des transitions politiques en Afrique de l’Ouest. La montée en puissance de cadres alternatifs comme l’AES interroge la capacité de l’UA à maintenir son rôle central dans la gouvernance régionale.

Le programme du président de l’UA prévoit également des visites d’infrastructures socio-économiques à Ouagadougou, signe d’une volonté de mieux appréhender les dynamiques internes du pays.

Vers une reprise progressive du dialogue ?

Lors de sa prise de fonction, Évariste Ndayishimiye avait insisté sur la nécessité de favoriser un retour à la stabilité constitutionnelle tout en privilégiant des solutions concertées.

Sa visite au Burkina Faso pourrait ainsi marquer une étape supplémentaire vers une reconfiguration du dialogue entre l’Union africaine et les États sahéliens, dans un contexte où les impératifs sécuritaires, politiques et diplomatiques restent étroitement imbriqués.

Loba Perez