👁 2,484 vues
Le Conseil du Café-Cacao a annoncé l’entrée en vigueur, à compter du 1er septembre 2026, de la carte du producteur pour toute opération d’achat et de vente de cacao. Cette mesure s’inscrit dans la volonté des autorités de renforcer la traçabilité, la sécurisation des transactions et la transparence de la filière.
L’annonce a été faite vendredi 21 août à Jacqueville, lors d’une rencontre d’information et de sensibilisation des acteurs de la chaîne de commercialisation du café et du cacao. La rencontre était conduite par Bakayoko Inza, délégué régional du Conseil du Café-Cacao à Abidjan.
Un dispositif pour sécuriser la filière
À cette occasion, les responsables du Conseil ont présenté aux producteurs et aux autres acteurs les modalités d’application de cette nouvelle disposition ainsi que les mesures d’accompagnement prévues.
Bakayoko Inza a notamment présenté le Système national de transaction (SNT), déployé depuis 2019 pour assurer la traçabilité du cacao, depuis le producteur jusqu’aux ports d’embarquement.
Le dispositif repose sur trois principaux outils : la carte du producteur, le terminal de paiement et les scellés apposés sur les sacs de cacao.
La carte permet d’identifier chaque producteur, d’enregistrer les transactions et de sécuriser les opérations. Le terminal, détenu par l’acheteur, sert à scanner et vérifier la carte avant le règlement, notamment via les dispositifs de retrait Mobile Money. Les scellés permettent, quant à eux, de suivre les sacs depuis les plantations jusqu’à leur exportation.
Selon le Conseil du Café-Cacao, cette digitalisation doit contribuer à améliorer la fiabilité des données de production, renforcer la traçabilité, sécuriser le prix fixé par l’État et réduire les risques de vol ou de litiges lors des transactions.
Un enjeu pour les marchés internationaux
La carte du producteur ne se limite toutefois pas aux opérations commerciales. Elle permet également l’identification du producteur et peut faciliter l’accès à certains services sociaux. Les détenteurs bénéficient notamment d’une prise en charge médicale à 100 % dans les centres de santé publics, conformément aux dispositions en vigueur.
Bakayoko Inza a par ailleurs insisté sur l’importance de la traçabilité face au renforcement des exigences des marchés internationaux, notamment celles de l’Union européenne en matière de conformité des produits importés.
Les producteurs qui ne disposent pas encore de leur carte sont donc invités à se rapprocher rapidement des équipes du Conseil du Café-Cacao pour leur identification et le levé des parcelles, préalable à l’établissement de la carte.
Le préfet de Jacqueville, Lago Digbeu Mathieu, a salué cette évolution numérique de la filière et encouragé les producteurs.
Loba Christo
