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Violences faites aux femmes : l’Alliance Féministe veut renforcer la Convention de l’UA avant sa ratification

ByÉquipe LeJourPile

Sep 18, 2026

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Adoptée par l’Union africaine en février 2025, la Convention sur l’élimination des violences à l’égard des femmes et des filles ouvre la voie à un cadre continental commun. En Côte d’Ivoire, l’Alliance Féministe demande toutefois que le texte soit davantage discuté et renforcé avant une éventuelle ratification.

« Posons, écoutons, renforçons, puis ratifions. » C’est le message porté le mercredi 16 septembre par l’Alliance Féministe à Cocody, lors d’une conférence-débat organisée à l’hôtel Robert’s, aux Deux-Plateaux-Carrefour Duncan.

L’organisation veut ainsi lancer le débat sur la future ratification par la Côte d’Ivoire de la Convention de l’Union africaine sur l’élimination des violences à l’égard des femmes et des filles, adoptée le 10 février 2025. L’UA présente cet instrument comme un cadre juridiquement contraignant destiné à renforcer la prévention, la protection et la réponse aux différentes formes de violences visant les femmes et les filles.

« Renforcer », plutôt que rejeter

Pour l’Alliance Féministe, il ne s’agit pas de remettre en cause le principe de la Convention. Noelly Aka, chargée d’évaluation à Initiative Tilé et membre de l’organisation, a défendu une démarche de vigilance et de participation.

L’objectif est de permettre aux organisations féministes, aux expertes et aux personnes directement concernées d’examiner le contenu du texte et d’identifier les dispositions qui pourraient être précisées ou renforcées.

Parmi les sujets mis en avant figurent notamment les violences numériques, les féminicides, les mutilations génitales féminines, les mariages d’enfants et la violence obstétricale.

L’Alliance souhaite également que la future mise en œuvre prenne mieux en compte les situations particulières des femmes handicapées, des femmes vivant avec le VIH, des migrantes et des femmes déplacées.

Le véritable enjeu : ce qui se passera après la ratification

Derrière le débat juridique se pose une question plus large : quels moyens et quels mécanismes permettront de traduire les engagements en protections concrètes ?

L’Alliance Féministe demande ainsi l’ouverture d’un débat national, une analyse article par article du texte, la participation effective de la société civile et la mise en place de mécanismes de suivi et de redevabilité.

Cette préoccupation rejoint plusieurs difficultés identifiées par l’Union africaine elle-même : insuffisance des ressources, faiblesse des dispositifs de mise en œuvre et manque de données permettant d’orienter les politiques publiques.

Pour les participantes à la conférence de Cocody, l’enjeu n’est donc pas seulement de savoir si la Côte d’Ivoire ratifiera la Convention, mais aussi de déterminer avec quelles garanties, quels moyens et quels dispositifs de suivi elle pourrait être appliquée.

Le débat est désormais posé.

Loba Perez