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L’Union africaine a officiellement lancé mercredi à Port-Louis, à Maurice, l’Agence africaine de notation de crédit (AfCRA). L’institution entend produire des analyses indépendantes des économies africaines et proposer une lecture davantage adaptée aux réalités du continent.
L’Afrique veut peser davantage sur la manière dont ses économies sont évaluées par les marchés financiers internationaux. C’est l’un des objectifs affichés lors du lancement officiel de l’AfCRA, mercredi à Port-Louis, en présence du président de la Commission de l’Union africaine, Mahmoud Ali Youssouf.
La nouvelle agence aura pour mission de fournir aux investisseurs africains et internationaux des analyses sur les économies du continent et leur niveau de risque de crédit. Elle ambitionne notamment de mieux intégrer les données, les expertises et les spécificités économiques africaines dans l’évaluation des risques.
Une alternative, pas un remplacement
L’AfCRA ne se présente pas comme une concurrente appelée à remplacer les grandes agences internationales de notation. Elle veut plutôt apporter une lecture complémentaire, indépendante et centrée sur les réalités africaines.
Un enjeu loin d’être secondaire. Les notations souveraines influencent directement les conditions auxquelles les États et les entreprises peuvent accéder aux marchés de capitaux. Pour l’Union africaine, une meilleure prise en compte des caractéristiques économiques du continent pourrait contribuer à élargir l’accès au financement et à mobiliser davantage de ressources pour le développement.
L’institution devra toutefois construire sa crédibilité autour de plusieurs exigences : indépendance, transparence, rigueur professionnelle et respect des normes internationales. L’objectif affiché n’est pas de garantir de meilleures notes aux pays africains, mais de renforcer la qualité et la contextualisation de l’analyse.
23 pays sans notation auprès des trois grandes agences
L’UA souligne que 32 des 55 pays africains disposent actuellement d’une notation auprès des trois principales agences internationales, tandis que 23 n’en bénéficient pas auprès de ces acteurs.
L’AfCRA entend contribuer à réduire cette couverture limitée et faciliter, à terme, l’accès d’un plus grand nombre d’émetteurs africains aux marchés de capitaux.
Mahmoud Ali Youssouf a parallèlement appelé les États africains à poursuivre leurs efforts en matière de gestion macroéconomique, de discipline budgétaire, de transparence et de soutenabilité de la dette.
Un projet lancé en 2018
L’idée de créer l’AfCRA remonte à 2018, lorsque le projet avait été approuvé par l’Union africaine. Son cadre institutionnel, sa gouvernance et sa méthodologie ont ensuite été développés sous l’égide du Mécanisme africain d’évaluation par les pairs (MAEP).
Le choix de Maurice pour accueillir son siège repose notamment sur la place financière du pays, son environnement réglementaire et ses connexions avec les marchés africains et internationaux. Des antennes régionales sont également envisagées.
Ljp
