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La multiplication des contrôles et des sanctions dans le secteur bancaire ouest-africain remet au premier plan la question de la conformité des établissements et de la protection des usagers. Selon Africa Intelligence, la Commission bancaire de l’Union monétaire ouest-africaine (UMOA) a sanctionné une dizaine de banques pour divers manquements, notamment en matière de gouvernance, de gestion des risques, de lutte contre le blanchiment de capitaux et de respect des règles prudentielles. Ces mesures interviennent alors que des clients en Côte d’Ivoire dénoncent des prélèvements multiples et des frais bancaires contestés.
Un contrôle régional plus ferme
Les chiffres du dernier rapport annuel de la Commission bancaire illustrent le renforcement de la surveillance. Le régulateur a adressé 40 injonctions à 37 établissements de crédit, contre 20 injonctions l’année précédente. Des blâmes et des amendes figurent également parmi les sanctions prises à l’encontre d’établissements défaillants.
Les données rapportées font notamment état d’une amende de 151 millions de FCFA, assortie d’un blâme, prononcée en décembre 2025 contre un établissement non identifié pour des insuffisances dans la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme. En juillet 2026, une banque aurait également été sanctionnée d’une amende de 300 millions de FCFA, accompagnée d’un blâme, pour des manquements liés aux normes prudentielles, à la gouvernance et à la gestion des risques.
D’autres sanctions de 300 millions de FCFA auraient été prononcées contre trois banques implantées respectivement en Côte d’Ivoire, au Niger et au Burkina Faso. L’identification des établissements concernés nécessite toutefois de se référer aux décisions officielles correspondantes.
Les prélèvements multiples au cœur des plaintes
En Côte d’Ivoire, la question des opérations bancaires contestées suscite également des inquiétudes. Une enquête de Linfodrome a recueilli des témoignages de clients de la Banque de l’Union (BDU), d’Ecobank, de la Banque nationale d’investissement (BNI), de NSIA Banque et de Société Générale, qui signalent des débits qu’ils jugent injustifiés.
Certains déclarent avoir subi des découverts ou rencontré des difficultés financières dans l’attente d’une régularisation. Ces témoignages ne suffisent cependant pas à établir que les établissements cités ont été sanctionnés pour ces opérations. La Commission bancaire ne détaille pas systématiquement les noms des banques visées et les motifs associés à chaque décision.
Les associations de consommateurs réclament des remboursements rapides en cas d’erreur avérée, une prise en charge plus efficace des réclamations et la compensation des frais directement provoqués par les incidents.
La confiance des usagers en question
La contestation concerne aussi les tarifs bancaires. Yves Aka, président de la Fédération nationale des associations de consommateurs de Côte d’Ivoire (FACCI), a dénoncé, dans un entretien accordé à Linfodrome, la facturation de prestations qu’il estime devoir être gratuites.
Dans un environnement marqué par la progression du Mobile Money, les banques sont confrontées à des attentes croissantes en matière de transparence et de qualité de service. Au-delà des sanctions, la protection des clients passe par une information claire sur les frais, des mécanismes de réclamation accessibles et la correction rapide des erreurs confirmées.
Pour le régulateur, l’enjeu est de faire respecter les règles prudentielles et de conformité. Pour les usagers, il est aussi de pouvoir effectuer leurs opérations en toute confiance et obtenir réparation lorsque des irrégularités sont établies.
Ljp
