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Côte d’Ivoire : les femmes du vivrier réclament des subventions annuelles pour développer leurs activités

ByÉquipe LeJourPile

Oct 31, 2026

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La présidente de la Fédération des femmes du secteur du vivrier de Côte d’Ivoire (FFSV-CI), Gbakayoro Lucie, appelle les collectivités territoriales et les partenaires au développement à renforcer leur soutien aux femmes de la filière vivrière. Elle plaide notamment pour l’instauration de subventions annuelles destinées à financer la formation, la formalisation des associations et l’acquisition d’équipements.

Cet appel a été lancé jeudi 29 octobre 2026, à la mairie d’Ayamé, à l’occasion de la 5e édition des Journées nationales du vivrier (JNV), organisée autour du thème : « Femme du vivrier, pilier de la souveraineté alimentaire et de la transformation agroalimentaire en Côte d’Ivoire ».

« Pourquoi ne pas accorder une petite subvention chaque année à l’Association des femmes du vivrier de Côte d’Ivoire pour aider à la formation et à la formalisation ? », a interrogé Gbakayoro Lucie. Elle a ainsi invité les mairies et les conseils régionaux à apporter un appui financier régulier aux femmes qui participent quotidiennement à l’approvisionnement alimentaire des populations.

La formalisation, un obstacle à l’accès aux financements

La responsable de la FFSV-CI a rappelé que les femmes sont fortement impliquées dans la production agricole et la transformation des produits vivriers, souvent dans des conditions difficiles et avec des moyens limités. Selon elle, le manque de structuration de nombreuses associations féminines réduit leurs possibilités d’accéder aux projets et aux financements disponibles.

Elle a donc appelé les autorités locales à faciliter leur organisation et leur formalisation afin de leur permettre de mieux profiter des dispositifs d’accompagnement.

La question de la transformation agroalimentaire constitue également une priorité. Face aux difficultés d’écoulement des récoltes et aux pertes après récolte, Gbakayoro Lucie a insisté sur la nécessité de développer des solutions de conservation et de valorisation des produits.

Dans ce cadre, les formations pratiques proposées durant les JNV portent notamment sur la fabrication de purées de tomates, de piments et d’aubergines. Ces techniques permettent de conserver les produits pendant plusieurs mois et de les commercialiser à un moment plus favorable.

L’acquisition de petits équipements agricoles et de transformation figure aussi parmi les besoins exprimés. Ces outils pourraient améliorer la productivité et les revenus des femmes, dont certaines doivent actuellement recourir à une main-d’œuvre extérieure pour exploiter leurs parcelles.

Plus de 80 % du secteur vivrier animé par les femmes

Représentant la ministre de la Femme, de la Famille et de l’Enfant, Nassénéba Touré, la députée Gnéba Nadine Mélanie a salué la contribution des femmes rurales à la sécurité alimentaire. Elle a indiqué que les femmes représentent plus de 80 % des acteurs du secteur vivrier, intervenant à toutes les étapes de la chaîne, de la production à la commercialisation, en passant par la transformation et le transport.

Elle les a encouragées à se regrouper en coopératives, à renforcer leurs compétences et à tirer profit des formations pour développer leurs activités et conquérir de nouveaux marchés.

De son côté, le représentant de l’Office d’aide à la commercialisation des produits vivriers (OCPV) a invité les participantes à se rapprocher de cette structure pour bénéficier de ses infrastructures et de ses formations en techniques de commercialisation.

Deux tricycles pour faciliter le transport des récoltes

La Fondation SIFCA a, pour sa part, réaffirmé son engagement en faveur des productrices, avec l’annonce de la remise de deux tricycles destinés à faciliter le transport des récoltes depuis les zones de production vers les marchés et à réduire les pertes après récolte.

Le maire d’Ayamé, Eba Sévérin, a également exprimé la volonté de sa commune d’accompagner le développement de l’agriculture vivrière, notamment en favorisant l’organisation des productrices en coopératives. Il a présenté cette filière comme un levier de création d’emplois et de lutte contre la pauvreté.

Prévues pour s’achever samedi, les 5es Journées nationales du vivrier sont rythmées par des formations pratiques, des expositions-ventes, des rencontres avec des acheteurs et des visites de sites de production. Les échanges portent notamment sur l’amélioration de la productivité agricole, la préservation de l’environnement et la transition vers l’agroécologie.

Raymond Njoumé