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Le gouvernement ivoirien prévoit de lancer en 2027 un programme d’efficacité énergétique destiné à réduire la consommation d’électricité des infrastructures publiques. Au cœur de cette initiative : le remplacement de 31 000 lampes à vapeur de sodium par des équipements LED dans le Grand Abidjan, ainsi que la rénovation énergétique de plusieurs bâtiments administratifs du Plateau.
Les grandes lignes de ce programme ont été présentées lundi 2 novembre 2026 à Abidjan par Gnigbognima Siriki, directeur de la Maîtrise de l’énergie au ministère des Mines, du Pétrole et de l’Énergie. Il intervenait à l’occasion d’un séminaire de formation consacré aux enjeux de la transition énergétique et destiné aux professionnels des médias.
Organisé par la Fondation Akwaba Green Champions et le Réseau des journalistes pour l’accès à l’information publique (REJAIP-CI), cet atelier ambitionne de former, à terme, 100 journalistes aux questions énergétiques.
Plus de 41 millions d’euros mobilisés
Le programme bénéficie d’un financement associant plusieurs partenaires. La banque allemande de développement (KfW) apporte 30,5 millions d’euros, tandis que l’État ivoirien contribue à hauteur de 11 millions d’euros, soit environ 7,2 milliards de FCFA.
Une subvention de 15 millions d’euros de l’Union européenne est également en cours de planification. Selon les explications de Gnigbognima Siriki, cet appui pourrait renforcer les interventions prévues et permettre d’élargir leur portée.
Le dispositif repose sur deux axes principaux : la modernisation de l’éclairage public et l’amélioration de la performance énergétique des bâtiments administratifs.
L’éclairage LED pour réduire la pression sur le réseau
La première composante concerne le réseau d’éclairage public routier du Grand Abidjan. Les lampes à vapeur de sodium haute pression actuellement utilisées consomment beaucoup d’électricité et nécessitent un entretien régulier en raison de leur durée de vie limitée.
Leur remplacement par des LED de dernière génération devrait permettre de réduire la consommation énergétique tout en améliorant la qualité de l’éclairage, avec des retombées attendues sur la sécurité routière.
L’enjeu est également de limiter la pression exercée sur le réseau électrique pendant les heures de forte demande, notamment entre 19 h et minuit, période durant laquelle l’éclairage public fonctionne alors que la consommation des ménages atteint elle aussi des niveaux élevés.
Le programme prévoit, à cet effet, un système de variation automatique de l’intensité lumineuse. Celle-ci pourra être ramenée à 75 %, puis à 50 % à certaines heures de la nuit, afin de réaliser davantage d’économies.
La Caistab, la Cité financière et le Bloc ministériel concernés
Le second volet porte sur la rénovation énergétique de trois bâtiments publics particulièrement consommateurs d’électricité, situés dans le quartier administratif et financier du Plateau : l’immeuble de la Caistab, la Cité financière et le Bloc ministériel.
Les interventions envisagées concernent notamment la modernisation des installations de climatisation, l’amélioration de l’isolation thermique, en particulier au niveau des toitures, ainsi que l’intégration de solutions solaires.
La contribution envisagée de l’Union européenne pourrait permettre d’étendre les travaux à deux autres bâtiments publics et d’augmenter le nombre de lampes LED installées dans le Grand Abidjan et ses villes satellites.
Les ménages également concernés par l’efficacité énergétique
La stratégie nationale ne se limite pas aux infrastructures de l’État. Elle prévoit aussi un accompagnement des ménages pour l’acquisition d’équipements de froid plus performants.
Des exigences minimales d’efficacité énergétique devraient ainsi être appliquées aux appareils commercialisés sur le marché national : la classe 3 pour les climatiseurs et la classe 5 pour les réfrigérateurs.
Ces mesures s’inscrivent dans les orientations du Plan national de développement (PND), qui prévoit notamment un programme d’éclairage public à l’échelle nationale, ainsi que des audits et des travaux de rénovation énergétique ciblant les 79 bâtiments publics les plus énergivores du pays.
À terme, le gouvernement entend ainsi maîtriser les dépenses d’électricité, améliorer les performances des équipements publics et contribuer à la réduction des émissions de gaz à effet de serre.
Sonia Coulibaly
