• lun. Fév 9th, 2026

Abidjan : « Trop c’est trop » sonne la contre-offensive après « le silence » de Ouattara

ByÉquipe LeJourPile

Juin 23, 2025

👁 9,435 vues

C’est l’après-midi, ce jour du dimanche 22 juin 2025, dans une salle discrète d’Abidjan. Face à une trentaine de journalistes et quelques partisans venus en curieux, Damana Adia Pickass, figure bien connue de l’opposition ivoirienne, entre en scène, le regard ferme et le ton grave. Son message est sans détour : ce qu’il qualifie de « recul » du président Ouattara n’est qu’un « leurre » destiné à endormir la vigilance.

Quelques heures plus tôt, dans une ambiance diamétralement opposée, Alassane Ouattara galvanisait ses troupes du RHDP, réunies en masse, espérant entendre l’annonce de sa candidature à la présidentielle d’octobre. Mais l’allocution du chef de l’État n’a finalement pas levé l’ambiguïté. Aucune confirmation. Aucun renoncement non plus. De quoi laisser planer le doute.

Pour le mouvement « Trop c’est trop », cette absence de réponse est loin d’être anodine. « C’est une stratégie de diversion », lance Pickass. Sa voix résonne avec conviction : « Ce n’est pas un renoncement, c’est une pause pour mieux nous surprendre. Nous devons rester mobilisés, constamment. »

Dans la salle, quelques murmures d’approbation montent. Une femme en pagne aux couleurs du parti d’opposition acquiesce en silence. Un jeune homme griffonne nerveusement des notes. L’heure est à la vigilance, martèle Pickass. « Il ne faut pas que cette victoire apparente nous endorme. Elle doit nous réveiller. »

Au cœur du débat : l’interprétation de la Constitution. Pour l’opposition, il n’y a aucun doute. « Alassane Ouattara a épuisé ses deux mandats. Il n’a plus droit à une nouvelle candidature. Il doit respecter sa propre parole et la loi fondamentale », insiste le conférencier. Le ton est calme, mais ferme.

Derrière cette prise de parole, c’est une autre mobilisation que l’opposition tente de lancer. Un mouvement de fond, ancré dans l’idée que la démocratie ne peut survivre sans alternance. Et que cette alternance doit être protégée à tout prix.

À quelques mois de l’échéance présidentielle, les lignes bougent à Abidjan. Dans les rangs de l’opposition comme de la majorité, l’atmosphère est celle d’une veille stratégique. Rien n’est encore dit, mais tout se joue déjà, dans les discours, les silences et les postures.

Loba Perez

Équipe LeJourPile