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Affaire Aïcha Koné : quand les réseaux sociaux mènent devant la justice

ByÉquipe LeJourPile

Jan 31, 2026

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À Abidjan, le tribunal a examiné, le vendredi 30 janvier 2026, une affaire emblématique des dérives possibles des réseaux sociaux. Une femme de 68 ans, Kouyaté Koumba, risque une peine de 24 mois de prison avec sursis pour des propos jugés outrageants et diffamatoires à l’encontre de la chanteuse ivoirienne Aïcha Koné.

Derrière ce procès se dessine une réalité de plus en plus fréquente : des paroles publiées en ligne peuvent avoir de lourdes conséquences judiciaires. En cause, des accusations diffusées sur les réseaux sociaux, mettant en doute l’intégrité et l’honneur de l’icône de la musique ivoirienne, forte de plus de cinquante années de carrière.

Aïcha Koné a expliqué devant le tribunal avoir porté plainte non par esprit de vengeance, mais pour protéger sa dignité. Elle a dénoncé des propos l’accusant notamment d’irrégularités liées à sa résidence, avec l’implication alléguée de l’ancien président Laurent Gbagbo, ainsi qu’une association à l’affaire de l’assassinat du journaliste burkinabé Norbert Zongo. Des accusations graves, sans preuves, qui ont largement circulé en ligne.

« Ce qui est dit sur les réseaux sociaux me porte préjudice. Des personnalités m’interpellent. Je demande simplement des preuves », a déclaré l’artiste, soulignant l’impact réel du numérique sur une réputation construite sur plusieurs décennies.

Face à elle, la prévenue a reconnu les faits et présenté ses excuses, invoquant des liens anciens et une enfance commune. Une posture d’apaisement qui n’a toutefois pas suffi à dissiper la gravité des accusations portées publiquement.

Estimant que la liberté d’expression avait été dépassée, le ministère public a requis 24 mois de prison avec sursis et une amende d’un million de francs CFA. Le verdict est attendu pour le 13 février 2026.

Cette affaire rappelle que les réseaux sociaux ne sont pas une zone de non-droit. Si chacun est libre de s’exprimer, cette liberté s’accompagne d’une responsabilité : celle de vérifier ses propos, d’éviter la diffamation et de respecter l’honneur d’autrui. À l’ère du numérique, un simple message peut devenir vira, et conduire devant les tribunaux.

Loba Perez

Équipe LeJourPile