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Dans une décision inédite, le Premier ministre albanais Edi Rama a confié à une IA baptisée Diella le portefeuille des marchés publics. Une première mondiale qui fait de l’Albanie un laboratoire politique face au fléau de la corruption.
Une calculatrice au cœur du gouvernement. Voilà comment certains résument la décision du Premier ministre Edi Rama : nommer une intelligence artificielle au poste de ministre chargée des marchés publics. Diella, dont le nom signifie « soleil » en albanais, devient ainsi la première ministre virtuelle de l’histoire, chargée d’un portefeuille stratégique dans la transparence et la bonne gestion des fonds publics.
Le choix n’est pas anodin. Depuis des années, la corruption plombe la vie politique et économique du pays. Edi Rama mise sur une IA « incorruptible », insensible aux pressions et aux jeux d’influence. « Diella appliquera des critères objectifs pour évaluer les appels d’offres et garantir la transparence des décisions », a assuré le chef du gouvernement.
Loin d’être une création sortie de nulle part, Diella avait déjà fait ses preuves comme assistante virtuelle sur la plateforme e-Albania, où elle a délivré plus de 36 000 documents numériques et facilité un millier de services administratifs. Son avatar féminin en costume traditionnel albanais est désormais propulsé dans les hautes sphères décisionnelles.
Pour Rama, il ne s’agit pas de science-fiction mais bien d’un pas concret vers une gouvernance modernisée. L’IA aura la responsabilité d’évaluer les offres publiques et, potentiellement, de « recruter des talents à l’échelle mondiale » pour renforcer ses compétences.
Cette innovation intervient alors que l’Albanie, 2,8 millions d’habitants, ambitionne d’intégrer l’Union européenne d’ici 2030. Classée 80e sur 180 pays dans l’indice de perception de la corruption en 2024, elle doit encore prouver ses efforts en matière de transparence et de bonne gouvernance.
Avec cette nomination, Edi Rama, fraîchement réélu pour un quatrième mandat, envoie un message fort : l’Albanie veut tourner la page des scandales et montrer sa capacité à innover. Reste à voir si une intelligence artificielle pourra réellement imposer l’intégrité là où la politique a échoué.
LJP
