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Algérie : le “poète du Hirak” condamné — la liberté d’expression à nouveau enchaînée
La sentence est tombée comme un coup de massue. Mohamed Tadjadit, figure emblématique du mouvement Hirak et surnommé « le poète du peuple », a été condamné mardi à cinq ans de prison pour « apologie du terrorisme ». Une accusation jugée absurde et profondément politique par ses soutiens.
Son avocate, Me Fetta Sadat, a révélé que le tribunal l’avait reconnu coupable de « soutien à des organisations terroristes » et de « propagation d’idées extrémistes », alors que le parquet réclamait dix ans de réclusion.
Pourtant, l’arme de Mohamed Tadjadit n’a jamais été un fusil, mais un stylo et une voix — une poésie libre, née des espoirs du Hirak, et devenue, depuis 2019, l’écho d’une jeunesse qui refuse le silence.
Un poète derrière les barreaux, un pays sous silence
Une vingtaine d’ONG, dont Amnesty International et PEN America, dénoncent une persécution politique.
« Tadjadit paie le prix de ses mots et de sa liberté », martèlent-elles. « Son procès illustre la dérive autoritaire d’un régime qui craint plus un vers qu’un discours. »
L’esprit du Hirak muselé
Depuis les immenses manifestations de 2019, le pouvoir algérien s’efforce de refermer le chapitre du Hirak.
Mohamed Tadjadit, lui, incarne cette mémoire vivante qu’on tente d’étouffer. Déjà arrêté à six reprises depuis 2019, libéré en 2024 après une grâce présidentielle, il n’a jamais cessé d’écrire ni de dénoncer.
Son dernier poème, partagé avant son arrestation, appelait à « ne pas laisser mourir la flamme du peuple ».
Aujourd’hui, c’est cette flamme qu’on cherche à éteindre derrière les murs d’une prison.
Mais chaque condamnation, chaque poème interdit, rappelle au monde que le Hirak n’est pas mort, il respire dans la conscience de tous ceux qui refusent que la liberté se taise.
Ljp
