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Les conseils de l’ancien Premier ministre ivoirien, Guillaume Kigbafori Soro, ont réagi à l’arrêt rendu par la Cour africaine des droits de l’homme et des peuples (CADHP) le 26 juin 2025, relatif à sa requête portant sur son inscription sur la liste électorale en vue de l’élection présidentielle prévue le 25 octobre prochain.
Cette décision intervient dans le cadre d’une procédure initiée par plusieurs personnalités politiques ivoiriennes, dont l’ancien président Laurent Gbagbo et M. Soro, qui dénonçaient des violations de leurs droits civiques et politiques par la justice ivoirienne et la Commission électorale indépendante (CEI), notamment leur exclusion de la liste électorale.
Une irrecevabilité de forme, non un rejet de fond
S’agissant de la requête de Guillaume Soro, la Cour africaine a déclaré celle-ci irrecevable au motif que toutes les voies de recours internes n’avaient pas été épuisées, en particulier le pourvoi en cassation encore pendant devant les juridictions ivoiriennes. La Cour a ainsi considéré que l’examen de l’affaire sur le fond ne pouvait être entamé à ce stade, conformément aux règles de procédure.
Me Affoussy Bamba, porte-parole du Conseil de M. Soro, a tenu à préciser que cette décision ne constitue nullement un rejet des droits de son client, mais une suspension liée à l’attente d’une décision définitive de la Cour de cassation. Par conséquent, selon elle, Guillaume Soro reste électeur et éligible à la prochaine présidentielle.
Des décisions antérieures toujours valables
Les avocats rappellent qu’en 2020, la CADHP avait déjà rendu plusieurs ordonnances provisoires en faveur de M. Soro, notamment les 22 avril et 15 septembre, exigeant la suspension des poursuites judiciaires engagées contre lui, ainsi que la libération de ses compagnons incarcérés. Malgré ces injonctions, l’État ivoirien avait poursuivi la procédure, menant à la condamnation de M. Soro le 28 avril 2020, décision confirmée en appel le 13 février 2023.
Ils soulignent que tant que le pourvoi en cassation n’a pas été examiné, cette condamnation ne peut être considérée comme définitive, et ne saurait justifier une radiation de la liste électorale.
Un appel au respect des engagements internationaux
Les conseils de M. Soro appellent l’État de Côte d’Ivoire à se conformer aux décisions déjà rendues par la Cour africaine, rappelant que le retrait par la Côte d’Ivoire de la déclaration autorisant les citoyens à saisir la Cour ne remet pas en cause la validité des affaires introduites avant ce retrait.
Ils demandent en conséquence la réintégration de Guillaume Soro sur la liste électorale, estimant que son exclusion serait contraire aux engagements internationaux pris par l’État ivoirien.
Lejourpile
