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Assimi Goïta à Moscou : une visite d’alignement stratégique du Mali dans l’ombre russe

ByÉquipe LeJourPile

Juin 22, 2025

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Le président de la Transition malienne, le général Assimi Goïta, a foulé ce dimanche 22 juin 202,  le sol moscovite, accueilli avec les honneurs par les autorités russes. Officiellement, il s’agit d’une visite d’État visant à « renforcer la coopération bilatérale ». En réalité, cette rencontre marque une étape supplémentaire dans le basculement géopolitique du Mali vers la sphère d’influence russe. Ce, après des mois d’un rapprochement tous azimuts, principalement sur le plan militaire.

Accompagné d’une forte délégation ministérielle, Goïta entend consolider un partenariat désormais présenté comme stratégique. La Russie, qui a remplacé la présence française dans les opérations de sécurisation du territoire malien, n’intervient plus seulement par l’intermédiaire du groupe paramilitaire Wagner. Avec l’Africa Corps, placé sous l’autorité directe du ministère russe de la Défense, Moscou institutionnalise sa présence sur le continent, et notamment au Mali, devenu un laboratoire de cette nouvelle doctrine d’influence.

Mais derrière les symboles d’une coopération « gagnant-gagnant », se pose la question de la dépendance. À quel prix le Mali renforce-t-il sa souveraineté si celle-ci repose sur une puissance militaire étrangère ? La présence croissante de troupes russes, les projets économiques pilotés par des entreprises proches du Kremlin, comme la raffinerie d’or menée par la société Yadran à Bamako, témoignent d’une nouvelle forme de tutelle, certes non occidentale, mais bien réelle.

La visite prévoit aussi des discussions autour de l’énergie, du transport et de la formation technique. Autant de secteurs clés qui, à défaut d’un débat public sur les contours de cette coopération, risquent de voir les intérêts maliens passer au second plan. Car depuis le retrait des partenaires traditionnels, les autorités de transition n’ont cessé de vanter une rupture historique, sans toujours garantir la transparence ou l’inclusivité de leurs décisions.

Assimi Goïta affirme vouloir « diversifier les partenariats » et sortir des logiques néocoloniales. Mais en se liant étroitement à la Russie, le Mali prend le pari courageux de substituer une influence à une autre.

Loba Perez 

Équipe LeJourPile