Une scène digne d’un film a paralysé, lundi 24 novembre 2025, le lycée Nanan Adépra de Bettié. Un corbeau vivant, attaché avec un fil de fer et un tissu blanc à un poteau du terrain de football, a semé la panique et contraint l’établissement à suspendre les cours pendant plusieurs heures.
Dès la découverte de l’oiseau, l’administration a alerté les autorités coutumières. L’animal a finalement été détaché, tué puis enterré par un enseignant, après confirmation des faits. Avant même l’arrivée de la chefferie, une longue séance de prière – 45 minutes – dirigée par le pasteur et professeur Kassy Kpangny, a réuni le personnel pour invoquer la protection divine sur l’établissement et ses occupants.
Sur les lieux, la chefferie traditionnelle, représentée par son secrétaire Atta Parfait, a tenté de calmer les esprits, appelant les enseignants à reprendre les cours. Elle a également annoncé l’ouverture d’une enquête pour identifier l’auteur de cet acte troublant. La reprise des cours s’est effectuée après environ deux heures d’interruption.
Mais au-delà de l’émoi suscité par ce geste mystérieux, cet incident relance une problématique bien plus profonde : l’insécurité chronique au sein du lycée. Gahi Yao Marius, responsable local de la CES-CI, a rappelé avec fermeté que l’établissement, seul lycée public du département, reste ouvert à tous les dangers.
Paysans traversant la cour armés de machettes, animaux errants envahissant les classes… « Il faut que cela s’arrête », a insisté le coordonnateur, réclamant en urgence la clôture du lycée et une action des autorités pour protéger élèves et personnels.
Un appel de plus en plus pressant. Ce, alors que l’incident du corbeau rappelle brutalement la vulnérabilité d’un lieu censé être un espace d’apprentissage et de sécurité.
Ljp

