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Burkina Faso: le Premier ministre Ouédraogo entre dialogue, traditions et espoirs de paix à Fada,

ByÉquipe LeJourPile

Juin 28, 2025

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Fada N’Gourma, samedi 28 juin. Le soleil tape fort sur la terre rouge de la capitale de la région de l’Est. Sous un ciel bleu sans nuages, une file de motos et de véhicules officiels fend la foule venue accueillir le Premier ministre burkinabè, Jean Emmanuel Ouédraogo. À peine descendu de voiture, l’homme d’État prend un instant pour saluer la population, avant de se diriger, le pas solennel, vers le palais du Roi du Gulmu.

C’est dans un silence chargé de respect que le Premier ministre est accueilli par Sa Majesté Untaanba. Les sons du balafon résonnent doucement, et l’odeur de l’encens flotte dans l’air. Cette visite de courtoisie marque le début d’un séjour officiel dans la région, mais elle est surtout chargée d’un profond symbole.

« Nous savons combien les chefs coutumiers sont les garants du lien social. Aujourd’hui, je viens saluer une figure de sagesse qui veille sur la paix dans cette région éprouvée », a déclaré Jean Emmanuel Ouédraogo, le regard posé avec gravité sur le Roi du Gulmu. La rencontre se déroule dans l’intimité du palais, ponctuée de bénédictions, de salutations protocolaires, mais aussi d’un échange sincère sur les défis de la région.

Le Premier ministre ne cache pas l’ampleur de la tâche. « Le Président du Faso, le Capitaine Ibrahim Traoré, et l’ensemble du gouvernement sont mobilisés pour ramener la sécurité, restaurer la cohésion et faire avancer le développement dans toutes les régions du pays, et en particulier ici, à l’Est », assure-t-il.

Avant de quitter le palais, Jean Emmanuel Ouédraogo s’adresse aux mânes des ancêtres, invoquant une saison agricole abondante, des récoltes paisibles et une année exempte de violence. Les mots sont simples, mais lourds de sens dans cette région marquée par l’insécurité et les déplacements de populations.

Le Roi du Gulmu, drapé dans un grand boubou brodé, prend la parole avec une dignité sereine. Il remercie le Premier ministre pour cette démarche empreinte de considération. « Notre peuple a besoin d’être écouté, respecté. Votre venue ici est un signe fort. Je vous renouvelle notre engagement à rester aux côtés des autorités pour bâtir un Burkina Faso réconcilié, apaisé et prospère. »

Dans les rues de Fada, les habitants, souvent inquiets du lendemain, accueillent cette visite avec un mélange d’espoir et de scepticisme prudent. « On veut la paix. Si le Premier ministre vient jusqu’ici, c’est peut-être que les choses vont changer », glisse un commerçant en réarrangeant des sacs de riz devant sa boutique.

Le programme du chef du gouvernement se poursuivra avec l’inauguration de la nouvelle salle polyvalente de la ville, puis une participation attendue à la cérémonie de clôture des Jeux universitaires du Burkina Faso. Une manière d’allier symboles, engagement politique et lien social, dans une région qui attend beaucoup, mais qui n’a pas encore renoncé à espérer.

G.P.

Correspondant de LE JOUR PILE

Équipe LeJourPile