👁 4,920 vues
Le gouvernement burkinabè a décidé d’expulser la Coordinatrice résidente de l’ONU, Carol Bernardine Flore-Smereczniak, l’accusant d’avoir coprésidé un rapport jugé « mensonger » sur la situation des enfants. Ouagadougou dénonce un document « sans preuves » et « trompeur », ravivant la fronde contre les Nations Unies dans le pays.
Dans le calme apparent du ministère, le porte-parole Gilbert Ouédraogo a lu lundi un communiqué à la télévision nationale. Les mots tombent comme un couperet : le rapport « Les enfants et le conflit armé au Burkina Faso », coprésidé par Mme Flore-Smereczniak, serait « dépourvu de sources objectives et de justificatifs » et véhiculerait « des informations graves et mensongères ».
Le gouvernement conteste la confusion faite entre terroristes et forces de défense et de sécurité, l’absence de rapports d’enquête ou de décisions judiciaires pour étayer les cas cités. « Ce type de communication traduit une volonté de légitimer la barbarie dont notre peuple est victime », affirme Ouédraogo, la voix ferme.
Carol Bernardine Flore-Smereczniak, de nationalité mauricienne, avait pris ses fonctions au Burkina Faso en juillet 2024, après plusieurs années au PNUD en Côte d’Ivoire. Sa mission : coordonner les efforts humanitaires et de développement de l’ONU, avec un budget de près de 445 milliards FCFA mobilisé en 2023 pour la sécurité alimentaire, la réduction de la pauvreté et la cohésion sociale.
Cette expulsion rappelle celle de décembre 2022, lorsque Barbara Manzi, alors Coordinatrice résidente de l’ONU, avait été sommée de quitter le pays. Aujourd’hui, Ouagadougou affirme que Mme Flore-Smereczniak « n’est plus une interlocutrice crédible » et la déclare persona non grata.
Dans les couloirs de l’ONU à Ouagadougou, l’affaire suscite déjà des réactions prudentes. Mais pour le gouvernement burkinabè, le message est clair : la protection des enfants et la dignité nationale passent avant toute considération diplomatique.
LJP
