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À quelques jours de la publication officielle des résultats de la présidentielle du 12 octobre, l’opposant camerounais Issa Tchiroma Bakary a pris la parole sur Facebook, dénonçant des « menaces » dirigées contre sa personne et appelant les autorités à reconnaître la victoire du peuple.
« J’entends dire — et je reçois des informations — qu’un assaut musclé se prépare contre moi. Tout ça pour Tchiroma ? Allez-vous lancer un assaut contre tout le peuple camerounais ? », a-t-il écrit dans son message publié jeudi soir. « Le peuple vous demande simplement de reconnaître sa victoire. Cette fois, vous ne passerez pas », a-t-il ajouté, dénonçant un climat qui « met le pays en danger ».
Dans ce post largement partagé sur les réseaux sociaux, l’ancien ministre et figure de l’opposition a averti : « Rendez-vous compte que vous avez perdu : plus vous résistez, plus votre chute sera pitoyable. Le peuple au pouvoir… »
Cette intervention survient dans un climat post-électoral tendu, où les revendications concurrentes de victoire opposent le président sortant Paul Biya et Issa Tchiroma Bakary. Sur la base des compilations de ses équipes, Tchiroma affirme avoir remporté le scrutin avec 54,8 % des voix, contre 31,3 % pour Biya, sur 18 départements représentant 80 % de l’électorat.
De leur côté, des chiffres non officiels de la Commission nationale de recensement des votes placeraient le président Biya en tête avec 53,56 %, devant Tchiroma (35,19 %) et Cabral Libii (3,42 %), accentuant le flou et la tension autour des résultats.
Face à cette situation, le président Biya aurait proposé à Tchiroma le poste de Premier ministre, un geste interprété par certains observateurs comme une ouverture au dialogue malgré la contestation.
Le gouvernement, pour sa part, renforce la surveillance et la sécurité, et appelle la population à « garder son calme et à demeurer confiante dans les institutions républicaines », dénonçant des « actes de provocation et de désordre » attribués à des « fauteurs de troubles ». Vingt personnes ont été interpellées à Garoua et transférées pour enquête, tandis que d’autres sont entendues à Yaoundé.
Alors que la proclamation officielle des résultats par le Conseil constitutionnel est attendue le 27 octobre, le pays reste sous haute tension. Entre revendications populaires, menaces et négociations politiques, la situation reflète un climat électoral fragile, où chaque déclaration des leaders d’opposition et du gouvernement est scrutée avec attention.
Ljp
