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Le Cameroun retient son souffle. Huit millions d’électeurs sont appelés aux urnes pour élire ce 12 octobre 2025, leur président de la République. Ce, au terme d’une campagne où la méfiance et les mises en garde ont souvent éclipsé les débats de fond.
Sur les murs, les affiches de douze candidats se décolorent sous le soleil. Dans les quartiers populaires, les conversations tournent autour d’un seul mot : changement.
Le scrutin, organisé par Elections Cameroon (Elecam), mobilise plus de 31 000 bureaux de vote sur le territoire et 108 à l’étranger. Un dispositif massif, censé garantir transparence et participation. Mais la confiance, elle, demeure fragile. Depuis la publication du fichier électoral, jeudi dernier, des voix s’élèvent pour dénoncer des « zones d’ombre » dans la répartition des électeurs.
En tête de la course, le président sortant Paul Biya, 92 ans, brigue un nouveau mandat face à une opposition fragmentée : Cabral Libii, Joshua Osih, Issa Tchiroma Bakary, Serge Espoir Matomba, Akere Muna et plusieurs autres figures politiques. L’absence remarquée de Maurice Kamto, écarté pour « pluralité d’investiture », continue d’alimenter la controverse.
À la veille du vote, le ministre de l’Administration territoriale, Atanga Nji Paul, a haussé le ton. Dans un discours solennel, il a dénoncé les « manipulations numériques » et mis en garde contre la publication anticipée de résultats, qualifiant ces initiatives de « criminelles et dangereuses ».
« Seul le Conseil constitutionnel proclamera les résultats », a-t-il insisté, avertissant que toute proclamation parallèle serait assimilée à un acte de haute trahison.
Une déclaration jugée intimidante par plusieurs candidats. Depuis Garoua, Issa Tchiroma Bakary a répondu avec fermeté :
« Menacer un candidat, c’est menacer la souveraineté du peuple. Nous défendrons nos voix par des moyens légaux et pacifiques. »
Dans les rues de Douala comme dans les collines de Bamenda, les électeurs avancent vers les urnes entre espoir et appréhension. Entre promesses de stabilité et appels au renouveau, ce scrutin pourrait bien être un tournant silencieux dans l’histoire politique du Cameroun.
LJP
