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Cameroun : l’opposition brise l’isolement et lance le front du refus

ByÉquipe LeJourPile

Sep 13, 2025

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À moins d’un mois d’un scrutin verrouillé par le régime Biya, Maurice Kamto et Issa Tchiroma affichent une solidarité brûlante. Au-delà d’une simple visite, c’est l’esquisse d’un front commun contre le pouvoir en place.

Le vendredi 12 septembre, le Cameroun politique a tremblé. Maurice Kamto, président du MRC injustement écarté de la présidentielle selon lui, a ouvert les portes de son domicile à Issa Tchiroma Bakary, candidat du FSNC et l’un des rares challengers retenus pour affronter Paul Biya. Dans un climat de défiance et de manœuvres électorales grossières, ce geste dépasse le symbole : c’est un cri de ralliement.

Les deux hommes ont échangé « franchement et cordialement », mais la portée est claire : l’opposition refuse de se laisser diviser et museler. Le communiqué de la campagne de Tchiroma ne mâche pas ses mots : il dénonce des « injustices électorales » et des « manœuvres pour affaiblir les forces du changement », rappelant que l’exclusion de Kamto est une trahison de la démocratie.

En plaçant « l’intérêt supérieur de la nation » au-dessus des calculs personnels, Tchiroma envoie un signal fort : le temps est venu de bâtir un front commun capable de faire plier un régime à bout de souffle.

La rencontre intervient dans un contexte explosif : Kamto venait, le matin même, d’annoncer sa démission du MANIDEM après l’invalidation de sa candidature par le Conseil constitutionnel pour « pluralité d’investiture » – une mascarade dénoncée comme une « manœuvre politique ».

Face à un Paul Biya cramponné au pouvoir depuis 1982 et en route pour un huitième mandat, la riposte s’organise. Kamto, bien qu’écarté du scrutin, promet à ses partisans que « la lutte continue ». Mais jusqu’où,  désormais, avec Tchiroma à ses côtés?

Ce combat à néanmoins l’air de prendre une nouvelle dimension : celui de l’unité contre l’arbitraire. Notamment dans la mesure où le Cameroun entre dans une zone de turbulences. où chaque geste, chaque alliance, devient un acte de résistance, et où,  ce 12 septembre, l’opposition a choisi de relever la tête.

L. Perez.

Équipe LeJourPile