La Conférence des chefs d’État de la Communauté économique des États de l’Afrique centrale (CEEAC), réunie le samedi 7 juin 2025 à Malabo, a été marquée par une décision fracassante : le retrait du Rwanda de l’organisation régionale. Kigali dénonce une instrumentalisation de l’institution par la République Démocratique du Congo (RDC), sur fond de conflit dans l’est congolais.
Selon un communiqué officiel, le Rwanda accuse la CEEAC d’avoir écarté son droit à assurer la présidence tournante de l’organisation. Ce, au profit du président équato-guinéen Teodoro Obiang Nguema, dont le mandat a été prolongé d’un an. Kigali y voit une manœuvre orchestrée par Kinshasa avec le soutien de certains États membres.
« Le Rwanda ne voit plus l’intérêt de faire partie d’une organisation qui a dévoyé ses principes .», a déclaré la diplomatie rwandaise, déplorant un traitement jugé partial et injuste.
En toile de fond, la crise sécuritaire dans l’est de la RDC, où les rebelles du M23 poursuivent leur avancée. Ce groupe armé, accusé de graves exactions, est soupçonné par l’ONU et les États-Unis de bénéficier d’un soutien militaire de Kigali. Ce que le Rwanda nie fermement.
Lors du sommet de Malabo, la tension était palpable entre les représentants du Rwanda et ceux de la RDC. Cette dernière affirmant qu’elle boycotterait toute activité organisée sur le sol rwandais. Le Burundi a exprimé une position similaire.
« Il est inacceptable que la RDC continue de porter plainte contre le Rwanda dans toutes les instances internationales, alors même que des efforts diplomatiques sont en cours », a estimé Olivier Nduhungirehe, ministre rwandais des Affaires étrangères.
Ce retrait du Rwanda ouvre une nouvelle brèche dans l’unité de la CEEAC. Une union déjà fragilisée par les différends entre ses membres. La crise sécuritaire dans les Grands Lacs continue, elle, de faire des milliers de morts et de déplacer des populations entières.
LEJOURPILE

