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Conakry – Dakar : Ousmane Sonko trace la voie d’une Afrique sans frontières

ByÉquipe LeJourPile

Juin 2, 2025

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Après Ouagadougou et Abidjan, c’est à Conakry que le Premier ministre sénégalais, Ousmane Sonko, a posé ses valises ce dimanche 1er juin, poursuivant une tournée sous-régionale à forte portée politique et symbolique. Durant 48 heures, le chef du gouvernement sénégalais entend consolider les liens entre le Sénégal et la Guinée, deux nations unies par le sang, l’histoire et les défis communs.

Reçu avec chaleur par son homologue guinéen Amadou Oury Bah, Sonko a aussitôt donné le ton : cette visite n’est pas une formalité diplomatique, mais une volonté assumée de réinventer la coopération entre peuples africains. « Je suis ici chez moi », a-t-il martelé, balayant d’un revers les frontières héritées de la colonisation. « Je n’ai jamais cru sérieusement aux frontières artificielles qui nous ont été imposées », a-t-il affirmé devant un parterre de responsables guinéens et sénégalais.

À l’heure où l’Afrique de l’Ouest est traversée par des mutations géopolitiques profondes, Ousmane Sonko veut incarner une nouvelle ère : celle d’une diplomatie décomplexée, enracinée dans les réalités du continent. Ce déplacement à Conakry ne tient donc pas du protocole : c’est un acte politique fort, une volonté de bâtir un bloc ouest-africain fondé sur la solidarité, la souveraineté et la coopération économique durable.

Pour son hôte, le Premier ministre Amadou Oury Bah, cette rencontre revêt une importance particulière : « Le Sénégal et la Guinée, c’est pratiquement la même histoire », a-t-il rappelé. Lui-même, fruit de cette double appartenance, incarne cette continuité humaine qui traverse les frontières coloniales.

Mais au-delà des symboles, cette visite veut produire des actes. Ousmane Sonko a insisté sur l’urgence de transformer les liens historiques en projets concrets : échanges économiques renforcés, mutualisation des ressources, ouverture des marchés, intégration des systèmes éducatifs, investissements croisés. « En mutualisant nos efforts, nos ressources, nos expériences, nous pourrons faire énormément plus que ce que nous avons fait jusqu’à présent », a-t-il assuré.

Le message est clair : l’Afrique ne peut plus se contenter d’être un réceptacle passif de partenariats extérieurs. Elle doit redevenir actrice de son destin, et cela commence par une intégration régionale assumée. De Ouaga à Conakry, en passant par Abidjan, Sonko déroule une diplomatie de la proximité, du respect mutuel et de l’ambition panafricaine.

 

Équipe LeJourPile