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La procédure électorale de la Mutuelle générale des fonctionnaires et agents de l’État de Côte d’Ivoire (MUGEF-CI) traverse une zone de turbulences. Accusé par certains candidats d’avoir écarté des dossiers de manière contestable, le Comité électoral national a décidé de réagir publiquement.
Ce mercredi 25 mars 2026, sa présidente, Collette Koné, a apporté des éclaircissements face aux critiques, notamment celles formulées par Bli Blé David et Théodore Zadi Gnagna, membres de la liste Alliance pour le Bien-être (ABM). Ces derniers dénoncent une éviction qu’ils jugent injustifiée, intervenue, selon eux, avant la publication officielle des listes validées.
Mais pour le Comité électoral, la décision repose sur des éléments factuels jugés préoccupants. Lors de la vérification des dossiers, plusieurs irrégularités majeures ont été détectées, notamment des soupçons de falsification de documents administratifs. Des casiers judiciaires auraient été signés par des magistrats décédés, certains documents présentés sous forme de simples copies, et d’autres dépourvus de signatures réglementaires.
Plus encore, des incohérences dans les validations administratives ont été relevées, avec notamment l’intervention d’un greffier en formation sur des pièces officielles. Pour Collette Koné, ces anomalies ne peuvent être ignorées et justifient pleinement les rejets prononcés. Elle a d’ailleurs averti que de tels faits pourraient donner lieu à des poursuites judiciaires.
Souhaitant éviter toute crispation, le Comité électoral avait toutefois accordé un délai exceptionnel jusqu’au 19 mars afin de permettre aux candidats concernés de corriger leurs dossiers. Une ouverture qui, selon l’instance, n’a pas permis de lever les irrégularités constatées.
En dépit de la polémique, le processus électoral suit son calendrier. Sur les 459 candidatures enregistrées, issues de quatre listes, les dossiers conformes ont été retenus. L’élection des délégués est prévue pour le 18 avril 2026, suivie de la proclamation des résultats le 30 avril et de la publication des listes définitives le 4 mai.
Face aux critiques, la présidente du Comité électoral a tenu à clarifier la position de l’institution : elle refuse toute mise en cause de sa responsabilité dans le rejet des candidatures, appelant les acteurs à privilégier la rigueur et le respect des règles pour garantir la crédibilité du scrutin.
Sonia Coulibay
